Le PDG revendique un acte "militant", après la controverse de la crèche Baby Loup. L'entreprise de recyclage Paprec a adopté, avec le soutien de ses 4 000 employés, une "charte de la laïcité" qui interdit le port de signes religieux. Elle doit être officialisée mardi 11 février.

Le groupe privé basé en Seine-Saint-Denis est régulièrement salué comme un modèle en termes de diversité et de promotion sociale, notamment d'employés d'origine étrangère. "J'applique le modèle qui prévaut dans la sphère publique et je l'applique à l'entreprise. J'applique le modèle de la République", a expliqué le patron de la société, Jean-Luc Petithuguenin.

Un concept flou dans le monde de l'entreprise

Si l'essentiel du contenu de cette "charte" ne fait que rappeler des principes en vigueur dans le droit français, il reprend le "devoir de neutralité" religieuse ayant cours dans la sphère publique. Le patron se dit prêt à défendre son point de vue devant les tribunaux, alors que le fait religieux dans une entreprise privée relève de lignes juridiquement plus floues.

Le débat sur la question est agité depuis la cassation, en mars dernier, du licenciement d'une salariée voilée de la crèche privée Baby Loup, à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Une décision qui avait entraîné des appels à légiférer, à droite comme à gauche. Fait rare, ce licenciement a ensuite été confirmé en appel, en novembre.