Béziers : garde à vue pour le détenu qui a discuté, joint à la main, avec des internautes grâce à Periscope

Dans la nuit de samedi à dimanche, il a dialogué avec des internautes à l'aide de son téléphone portable.

Le centre pénitentiaire du Gasquinoy à Béziers (Hérault), le 11septembre 2013. 
Le centre pénitentiaire du Gasquinoy à Béziers (Hérault), le 11septembre 2013.  (MAXPPP)
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France Télévisions

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Serge Aurier a fait des émules. Un dénommé Luciano s'est lui aussi essayé à l'application Periscope, qui permet de diffuser des images en direct grâce à un smartphone. Ce dernier n'est pas aussi célèbre que le défenseur du PSG, mais il a la particularité d'être détenu centre pénitentiaire du Gasquinoy, à Béziers (Hérault). Résultat, le jeune homme de 22 ans, qui  purge une peine de quatre ans de prison pour vol aggravé, a été placé en garde à vue, lundi 22 février. Il a été entendu par les policiers du commissariat de Béziers.

Midi Libre raconte la conversation menée par ce prisonnier, qui, rappelons-le, n'est pas censé avoir accès à un téléphone portable, et encore moins à internet ou à de la drogue. Postée sur Twitter, la vidéo n'est désormais plus disponible.

On le voit répondre à plusieurs questions, faire passer des messages à ses amis. Le jeune homme, qui se dit condamné à quatre ans de prison, fait également le tour de sa cellule et se roule en prime un joint avant de s'en vanter.

Une procédure disciplinaire a été lancée à l'encontre du détenu qui doit être présenté mardi au parquet, qui a ouvert une enquête mais se refuse à tout commentaire. "A la découverte de la vidéo, une fouille a été diligentée qui a permis de saisir un smartphone", a toutefois expliqué le cabinet du garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas. Et ce n'est pas la première fois qu'une telle découverte est réalisée dans sa cellule. En janvier, trois portables y ont déjà été retrouvés.

"Autant de portables que de détenus"

"Ce n’est vraiment pas la première fois qu’un détenu se filme avec son portable", à la prison de Béziers, s’est désolé Fabrice Caujolle, du syndicat pénitentiaire UFAP-UNSA. Selon lui, "il y a autant de portables que de détenus, mais l’administration est dépassée et laisse faire". La faute, entre autres, aux colis projetés aux détenus depuis l’extérieur de la prison et qui peuvent contenir, selon lui, "portables, viande, drogue ou encore couteaux".

En effet, ce n'est pas la première fois qu'un détenu utilise Periscope pour se filmer depuis sa cellule. En janvier, rapportait alors L'Obs, un détenu de la prison de Luynes (Bouches-du-Rhône) s'était prêté à une séance de questions-réponses en vidéo avec les internautes.