Trois associations lancent un manifeste contre le viol

Des milliers d'affiches et de tracts contre le viol vont être distribués dans les prochains jours. Ce sont trois associations qui sont à l'origine d'une campagne choc, et d'un manifeste contre ce phénomène encore tabou, et beaucoup, plus massif qu'on ne le croit. "La honte doit changer de camp", c'est le slogan. Elles espèrent faire pression sur les pouvoirs publics pour que la loi sur le viol soit mieux appliquée.

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Le viol est un crime. Il est puni de 15 ans de prison. Depuis 30 ans, la loi le dit. Mais dans les faits, les femmes qui sont confrontées à ce traumatisme rencontrent encore des difficultés. A faire reconnaître leur préjudice par la justice, à être accueillies comme elles le doivent dans les commissariats ou les gendarmeries, ou plus simplement à en parler. Le viol est encore souvent caché, les victimes elles-même le nient ou le minimisent parfois, tant le sujet est douloureux, et surtout tabou.

Malgré les efforts entrepris ces dernières années pour mieux prendre en compte les violences faites aux femmes, auxquelles sera consacrée la journée de demain, le constat est encore valable. Et trois associations ont décidé de lancer elles-mêmes une campagne nationale, apanage habituel de l'Etat et des institutions publiques.

Pour le collectif féministe contre le viol, Mix Cités et Osez le féminisme, “la honte doit changer de camp”. C'est le slogan de la campagne. Elles vont distribuer des milliers d'affiches et de tracts pour appeler à signer un manifeste contre le viol, avec une adresse internet : www.contreleviol.fr.

Car le phénomène, bien que souvent tu, est très répandu. Chaque année en France, selon les associations, 75.000 femmes sont violées. Au total, 198.000 sont victimes de maltraitances sexuelles. Et contrairement au cliché, il ne s'agit pas toujours de viols par des inconnus. Nombre de maltraitances se produisent à l'intérieur des familles.

Les trois associations veulent faire évoluer les mentalités, placer le viol parmi les problèmes sociaux majeurs. Elles demandent des moyens pour la prise en charge des victimes et des formations pour tous ceux qui y sont confrontés : policiers, magistrats, éducateurs, enseignants. Les trois associations souhaitent aussi que les agressions sexuelles, c'est à dire sans pénétration, soient également jugées en cour d'assises, et non en correctionnelle, où les victimes, estiment-elles, ne sont pas assez entendues. Elles exigent également des enquêtes systématiques après des plaintes contre des atteintes à la personne.