La soirée a été tendue à Trappes. Des heurts ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi 20 juillet, à proximité du commissariat. Des habitants ont jeté des pierres en direction des policiers, après l'interpellation jeudi du mari d'une femme en voile intégral. Francetv info résume ce que l'on sait de ces échauffourées

250 personnes assiègent le commissariat

Quelque 250 personnes ont procédé à trois vagues d'assaut contre le commissariat, selon le préfet des des Yvelines, Erard Corbin de Mangoux. Revenant sur les faits, il a expliqué qu'il y avait eu "deux périodes". La première "intense" s'est déroulée de 20h30 à 21h45 avec le "siège" du commissariat. Des jeunes ont jeté des pierres en direction du bâtiment et sur les policiers. La deuxième, qui s'est passée entre minuit et 2 heures, a constitué en des "épisodes sporadiques", avec des dégradations de matériels urbains. Un journaliste de l'AFP a constaté que les alentours étaient jonchés de gros cailloux et de douilles de grenades lacrymogènes. 

Quelques feux d'artifice ont été tirés, un abri bus saccagé, des poubelles incendiées près de l'hôpital, selon une journaliste de BFMTV et un internaute.

 

Le calme est revenu à la suite de prières spécifiques au mois de jeûne du ramadan qui était à son dixième jour vendredi. Dans la nuit, un hélicoptère a survolé la ville où étaient déployés de nombreux policiers. Samedi matin, une dizaine de fourgons de police étaient toujours stationnés devant le commissariat. 

Plusieurs blessés et des arrestations

Un jeune garçon a été blessé par un tir de flash-ball et transporté à l'hôpital, selon une source proche du dossier et des témoins. Le procureur de la République de Versailles, Vincent Lesclous, a affirmé qu'un jeune garçon de 14 ans a été grièvement blessé à l'oeil. Mais il n'a pas évoqué de flash-ball, arme connue pour être responsable de nombreuses blessures à l'œil, parlant d'un projectile venu d'une origine indéterminée.

D'après BFMTV, qui cite une source syndicale, plusieurs membres des forces de l'ordre ont aussi été blessés.

Six personnes ont par ailleurs été arrêtées et placées en garde à vue. La sécurité était toujours renforcée samedi matin avec une importante présence policière mais la situation calme aux abords du commissariat.

A l'origine : le contrôle d'une femme en voile intégral

Sous couvert de l'anonymat, le responsable d'une association de musulmans, interrogé par l'AFP, a expliqué que ces heurts faisaient suite à l'interpellation, la veille, d'un homme de 21 ans qui s'était opposé au contrôle par la police de son épouse portant un voile intégral.

Il a tenté d'étrangler un policier, qui présente des marques d'étranglement au cou et une trace de coup au niveau d'une pommette, selon le procureur de la République de Versailles, Vincent Lesclous. L'homme a été été déféré samedi matin au parquet qui a requis son placement sous contrôle judiciaire.

Mais le site du Collectif contre l'islamophobie en France rapporte une version contradictoire. Il publie un témoignage présenté comme étant celui de la jeune femme qui portait le voile intégral. Elle raconte la scène et dit avoir "subi une injustice de la part de la police". Elle affirme que sa mère a été bousculée par un policier. Son mari aurait protesté et un agent se serait énervé. "Je me suis interposée entre eux pour ne pas que ça dégénère", explique-t-elle. Elle affirme encore que le policier lui a tenu "un langage agressif. Apeurée, je lui ai demandé de se taire. Il m’a alors attrapée par le voile au niveau de la tête et traînée avec une force monstrueuse, avant de me plaquer sur le capot de la voiture en me criant : "C'est à moi que tu parles ? C'est à moi que tu parles, hein ?'".

Le site Al Kanz, destiné aux "consommateurs musulmans", dit avoir recueilli plusieurs témoignages faisant état de "la manière forte" employée par les policiers lors du contrôle. D'après le site, "la jeune mère en niqab, accompagnée de son fils de 4 mois et de son mari, a été 'malmenée' tout comme son conjoint lors ce contrôle"

Une enquête a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices) pour éclaircir les circonstances de cet incident.