Pour travailler moins, la police israélienne ferme les yeux sur les excès de vitesse

Un rapport public révèle que des radars étaient délibérément trafiqués pour que les policiers aient moins de contraventions à traiter.

Des policiers israéliens déployés sur le lieu d'une agression au couteau à Rishon Lezion près de Tel Aviv (Israël) le 2 novembre 2015.
Des policiers israéliens déployés sur le lieu d'une agression au couteau à Rishon Lezion près de Tel Aviv (Israël) le 2 novembre 2015. (BAZ RATNER / REUTERS)

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Les chauffards israéliens savent maintenant pourquoi ils ne reçoivent pas d'amende malgré la prolifération des radars. Un rapport public vient de révéler, jeudi 25 février, que la police trafiquait délibérément les caméras de contrôle de vitesse pour avoir moins de contraventions à traiter.

Sur un axe majeur de Jérusalem, la route de Hébron, les radars étaient réglés pour se déclencher à 150 km/h alors que la vitesse autorisée est de 80 km/h. Sur une des principales avenues de Tel Aviv, où la vitesse est théoriquement réduite à 60 km/h, il fallait rouler à 250 km/h pour se faire flasher. La police a tout simplement traficoté les radars, parce qu'elle était incapable de faire face à l'afflux de contredanses, provoqué par la mise en place de nouveaux radars.

Les policiers font systématiquement sauter leurs amendes

Selon ce rapport, la police annule également systématiquement les amendes pour excès de vitesse de ses hommes, flashés en dehors de leurs heures de service. La police a ainsi fait sauter près de 1 400 contraventions, soit plus de la moitié (53%) de celles délivrées contre ses membres entre 2012 et 2015. En outre, les policiers flashés mentent fréquemment en disant que c'était pour les besoins du travail.

Ces pratiques, mises au jour par le contrôleur d'Etat, chargé de vérifier la légalité des politiques et des pratiques de l'Etat, ainsi que le bon usage des fonds publics, contribuent encore un peu plus à discréditer les forces de l'ordre israéliennes, après la mise en cause de hauts responsables pour harcèlement sexuel au sein de la police.