Fin des feux rouges : trois questions sur une expérience qui tient la route

Plusieurs villes, comme Nantes, Bordeaux et bientôt Paris, ont décidé de retirer les feux tricolores pour fluidifier le trafic et améliorer la sécurité.

Un feu tricolore sur les Champs-Elysées à Paris, le 23 septembre 2015.
Un feu tricolore sur les Champs-Elysées à Paris, le 23 septembre 2015. (MAXPPP)
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Stop aux feux tricolores. De plus en plus de villes françaises ont décidé de les supprimer afin de réduire les embouteillages. Le but est également de diminuer le nombre d'accidents, car 10 000 d'entre eux se produisent au niveau de ces carrefours, selon Le Parisien, qui consacre un dossier sur le sujet lundi 13 février. 

Le conseil de Paris a voté, lundi 30 janvier, pour une expérimentation de l'abandon des feux de signalisation. Il s'agit d'en supprimer certains situés en zone 30 km/h d'ici à 2018. Pour comprendre ce que cela changera, franceinfo répond à trois questions sur le sujet.

Pourquoi vouloir supprimer les feux rouges ?

"Les études montrent que lorsqu'on élimine les feux à certains embranchements, il y a moitié moins d'attente pour les conducteurs, mais il y a surtout moins de morts car les automobilistes ont tendance à ralentir", indique au Parisien Anne Souyris, coprésidente du groupe écologiste de Paris.

Or, Christophe Damas, chercheur au Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement, rappelle qu'environ 10 000 accidents, provoquant 150 morts et 1 500 blessés, se produisent, chaque année, au niveau de carrefours à feux. On en compte environ 30 000 en France.

Quelles sont les villes qui ont tenté l'expérience ?

Bordeaux a commencé à en retirer et souhaite, à terme, en supprimer 300. Dans l'hypercentre de Lyon, trois carrefours à feux tricolores ont été retirés. Nantes, Niort et Rouen levé le pied sur leur usage. Et à Abbeville (Somme), dix carrefours à feux tricolores ont été supprimés. Ils sont remplacés par neuf giratoires et un stop. Il n'en reste plus qu'un, mais plus pour très longtemps visiblement.

Il n'y a pas qu'en France que l'expérience est menée. Drachten (Pays-Bas) a été l'une des premières villes à inaugurer le concept. Les feux rouges ont été retirés, tout comme les panneaux de signalisation comme les stops ou les cédez-le-passage, souligne, dans Le Parisien, Christophe Damas. L'expert en régulation du trafic routier donne aussi l'exemple de Philadelphie, aux Etats-Unis.

Quels sont les résultats ?

Et justement, dans cette ville américaine, le test mené montre que cela a permis de réduire de 25% les accidents sur les intersections concernées. "Au début, les gens se sentent moins en sécurité, ont le sentiment d'être livrés à eux-mêmes car il n'y a pas de panneaux ou de feux pour leur dire quoi faire. Mais ils se retrouvent du coup dans une situation de plus grande vigilance", relève Christophe Damas, dans Le Parisien.

Pour Michel Duchene, vice-président chargé des grands projets urbains au sein de la Métropole de Bordeaux, c'est "une question de sécurité routière". "Quand il n'y a plus de feux, les automobilistes font davantage attention lorsqu'ils se rapprochent d'un passage protégé, et les piétons ont tendance à regarder à deux fois avant de traverser", renchérit-il dans Le Parisien.

A Abbeville, les habitants font eux-mêmes le constat, dans un reportage de LCI. Résultat, au début les ronds-points ont perturbé les automobilistes. Mais ensuite, le trafic est devenu beaucoup plus fluide et le nombre d'accidents est limité, selon la municipalité. Les accrochages entre véhicules ont des conséquences plus matérielles que corporels, estime ainsi le maire de la ville, Nicolas Dumont.