Anne Lorient signe un livre choc sur l'enfer des viols et de la rue

Violentée dans sa petite enfance puis dans la rue, Anne Lorient révèle les chantages subis par les femmes SDF. Malgré ce qu'elle a enduré, elle a choisi d'écrire sur son calvaire et d'aider les autres.

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France 3

Mis à jour le , publié le

Le Pont-Neuf à Paris. Anne Lorient y a passé des dizaines de nuit, recroquevillée dans l'une de ses alcôves. De 6 à 18 ans, elle subit les viols répétés de son frère aîné. Tout le monde savait dans sa famille bourgeoise du nord de la France, mais personne ne l'a protégée. Tout juste majeure, elle prend le train pour Paris et se retrouve seule à la rue.

17 ans dans la rue pendant lesquels elle apprend à se cacher, à se fondre dans le moindre recoin, à se mettre sous la protection du chef local en en payant le prix. Son corps est devenu une monnaie d'échange. "On n'a plus d'estime de soi. On devient invisible pour les autres et pour soi-même", raconte-t-elle.

Mariée, deux enfants

Dans les rues de Paris, Anne tombe amoureuse et se marie. Un fils naît. Elle le garde contre elle pendant trois ans, enfoui dans son manteau, de peur qu'il ne lui soit retiré et placé. Le cimetière de Montmartre est alors leur repaire, "leur refuge". Il y a douze ans, enceinte de son second fils, Anne Lorient se voit proposer un logement social. Elle met plus d'un an à y dormir et à vraiment s'y installer. "J'ai encore la moitié de mon cerveau qui est SDF", confie-t-elle.

Anne vit d'une allocation de 800 euros et fait encore souvent la manche pour boucler les fins de mois. À 48 ans, Anne Lorient raconte sa vie douloureuse dans son livre intitulé Mes années barbares. Elle veut désormais travailler pour des associations d'aides aux SDF ou aux femmes victimes de violences afin que son passé soit utile.

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