Roms : "La gauche mène la même politique brutale que la droite"

La Ligue des droits de l'homme (LDH) dénonce les démantèlements de camps de Roms. Selon la LDH, François Hollande n'a pas tenu sa promesse sur ce sujet.

Des policiers participent au démantèlement d'un camp de Roms à Hellemmes et Villeneuve-d'Ascq, près de Lille (Nord), le 9 août 2012.
Des policiers participent au démantèlement d'un camp de Roms à Hellemmes et Villeneuve-d'Ascq, près de Lille (Nord), le 9 août 2012. (PATRICK DELCROIX / LA VOIX DU NORD / MAXPPP)
Propos recueillis parFrance Télévisions

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POLITIQUE - Sarkozy, Hollande : même combat ? Trois mois après l'élection du candidat socialiste à l'Elysée, les associations d'aide aux migrants disent haut et fort leur colère. Alors que François Hollande leur avait promis, au cours de la campagne, de revoir de fond en comble la politique à l'égard des Roms, les démantèlements de campements illégaux se multiplient depuis la fin juillet. Animateur du collectif Romeurope et vice-président de la Ligue des droits de l'homme, Malik Salemkour répond à FTVi.

Vous attendiez-vous à ce que les démantèlements de camps de Roms continuent après l'élection d'un président socialiste ?

Malik Salemkour : Evidemment pas. C'est une grande déception. Dans une lettre qu'il nous avait adressée en mars, François Hollande s'était engagé à ce qu'aucune expulsion n'intervienne sans qu'une solution alternative pérenne ne soit trouvée. On a remarqué un ralentissement des démantèlements après l'élection, et puis depuis fin juillet, c'est reparti. On constate une continuité exacte de ce que nous dénonçons depuis des années, c'est-à-dire des expulsions sèches, qui interviennent pendant les vacances, en catimini, sans concertation ni accompagnement... Nous sommes très déçus.

Il n'y a donc aucune différence, à vos yeux, entre la politique menée par Nicolas Sarkozy et celle menée par François Hollande sur ce dossier ?

La seule différence, c'est que dans la forme, on n'a pas les mêmes discours haineux que nous avons eu à dénoncer ces dernières années. Mais sur le terrain, c'est effectivement la même politique d'expulsion qui est menée, avec la même brutalité.

Quelles sont, selon vous, les "solutions alternatives" qui doivent être proposées aux Roms avant le démantèlement de leurs campements ?

La première priorité, c'est de leur permettre un accès à l'emploi, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Il faut pour cela lever des mesures transitoires qui leur limitent l'accès au marché du travail. C'est la première condition de leur insertion. Et ensuite, il faut que pour chaque cas de démantèlement, il y ait une concertation en amont, avec les élus, la préfecture, les associations et les personnes concernées, pour voir quels sont les besoins en matière de relogement, de scolarisation des enfants, etc. Ni plus ni moins que ce que prévoit aujourd'hui la législation de droit commun. Là, quand on a un démantèlement, les personnes s'enfuient, reforment des campements un peu plus loin, dans une précarité accentuée. Bref, on déplace le problème, sans le résoudre...