Rencontre annuelle des musulmans de France : Marine Le Pen "met de l'huile sur le feu" en réclamant la dissolution de l'UOIF

Amar Lasfar, président de l'Union des organisations islamiques de France, réagit à la demande de Marine Le Pen de dissoudre l'organisation. Il juge que la candidate du Front national "est dans son rôle" mais déplore qu'elle mette de "l'huile sur le feu".

Illustration de la 32e Rencontre annuelle des musulmans de France organisee au Bourget par l\'Union des Organisations Islamiques de France, le 4 avril 2015.
Illustration de la 32e Rencontre annuelle des musulmans de France organisee au Bourget par l'Union des Organisations Islamiques de France, le 4 avril 2015. (MAXPPP)
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franceinfoRadio France

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La 34e édition de la Rencontre annuelle des musulmans de France se tient à partir de vendredi 14 avril au parc des expositions du Bourget. Plus de 150 000 personnes sont attendues. Un événement controversé à neuf jours du premier tour de l'élection présidentielle. Marine Le Pen, notamment, demande la dissolution de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). "Elle met de l'huile sur le feu", déclare son président, Amar Lasfar, vendredi au micro de franceinfo.

franceinfo : Les thèmes de l'identité, de la place de l'islam, du burkini, etc., ont traversé les primaires mais n'ont pas beaucoup été évoqués au cours de la campagne présidentielle. Est-ce qu'il faut en parler plus ou est-ce que c'est mieux ainsi ?

Amar Lasfar : L'islam, en tant que culte dans notre pays, est une réalité. Il est tout à fait normal que des candidats à la présidence de la République évoquent l'organisation du culte musulman et sa place dans notre pays. Mais l'angle d'approche, parfois, glisse vers quelque chose de dangereux. Ce que nous déplorons, c'est que le sujet soit inséré juste après la sécurité et le terrorisme. Et c'est de l'amalgame malheureusement. Nous le prenons comme cela en tout cas, nous, les musulmans de France.

Sur son compte Twitter, Marine Le Pen a posté une vidéo dans laquelle elle appelle à la dissolution de l'UOIF et à l'interdiction du rassemblement, expliquant que l'organisation est l'émanation en France de la mouvance "islamiste radicale des Frères musulmans". Qu'est-ce que vous lui répondez ?

Marine Le Pen est dans son rôle, elle cherche des voix. Seulement, je lui dis attention : ce genre de déclaration met de l'huile sur le feu. Les musulmans dont elle parle, qui se réclament des Frères musulmans, je ne sais pas où ils sont. Nous sommes une fédération qui représente 250 associations, nous célébrons notre 34e année d'existence, nous faisons partie du paysage confessionnel de notre pays et nous faisons partie du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Vous n'avez pas l'impression d'être controversé à l'UOIF ? Il y a eu des invités, à des époques, à ces rencontres annuelles, qui n'étaient pas très bien vus, proches des Frères musulmans...

Nous avons tiré beaucoup d'enseignements de ces critiques, qui nous ont été faites à juste titre. Aujourd'hui, nous sommes plus regardants sur les conférenciers. Parce que pour nous, l'important, c'est la manifestation elle-même. Il faut la réussir. Ceux qui nous trouvent controversés nous reprochent peut-être notre succès : nous sommes la plus grande fédération de France et nous organisons le plus grand rassemblement d'Europe aujourd'hui.

Amar Lasfar : "Elle met de l'huile sur le feu"
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