Affaire Barbarin : l'enquête classée sans suite, les victimes "très déçues"

L'association La Parole libérée accusait notamment le cardinal de ne pas avoir dénoncer les agressions sexuelles commises par le prêtre Bernard Preynat sur de jeunes scouts.

Le cardinal barbarin lors d'une conférence de presse à Lyon (Rhône), le 15 mars 2016.
Le cardinal barbarin lors d'une conférence de presse à Lyon (Rhône), le 15 mars 2016. (ERIC CABANIS / AFP)
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L'enquête pour "non-dénonciation de crime" visant le cardinal Barbarin après des accusations de pédophilie au sein du diocèse de Lyon a été classée sans suite, a indiqué le procureur de la République de Lyon, lundi 1er août.

Cette enquête avait été ouverte en mars dernier à la suite d'un signalement de victimes de Bernard Preynat. Après avoir reconnu les faits, ce prêtre lyonnais avait été mis en examen le 27 janvier pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts datant de 1986 à 1991.

Les victimes mettaient en cause plusieurs responsables du diocèse de Lyon et de l'Eglise qu'elles accusent de ne pas avoir dénoncé à la justice les agissements passés de ce prêtre. Le cardinal Barbarin avait été entendu par les autorités en juin dernier. Il avait alors assuré n'avoir "jamais couvert le moindre acte de pédophilie"

"On est très déçus"

A l'annonce de la décision, les membres de l'association La Parole Libérée, qui a lancé l'affaire à l'automne dernier, ont fait part de leur leur déception. "On est très déçus. On était persuadés que le procureur allait instruire le dossier, parce qu’il est très volumineux", a réagi François Devaux, porte-parole de l'association, interrogé par francetv info.

"Cette décision clôt le débat alors qu’il est nécessaire sur le plan moral, regrette-t-il encore. Tous les foyers de France se sont posés la question. Cela peut se conclure par un non-lieu du fait des dates, mais il faut d'abord savoir si les chefs d'accusation sont justes ou pas." François Devaux se félicite toutefois que "l’institution catholique [se soit] beaucoup remise en question ces derniers mois. C’est une bonne chose".

"Nous allons nous orienter vers un dépôt de plainte avec constitution de partie civile, cela obligera le parquet à instruire le dossier pour que le peuple français puisse savoir", a également fait savoir le responsable de La Parole libérée.