Pédophilie dans l'Eglise

L'Eglise catholique au cœur du scandale. Plusieurs plaignants affirment avoir été agressés sexuellement dans les années 1980 et au début des années 90 par un prêtre qui encadrait un groupe de scouts dans l'ouest lyonnais. Un juge d'instruction enquête sur ces soupçons qui ont valu au religieux en question, le père Bernard Preynat, une mise en examen et un placement sous contrôle judiciaire, le 27 janvier.

Le cas de ce prêtre qui a reconnu des actes de pédophilie mais dont les agissements pourraient être en partie prescrits en raison de l'ancienneté des faits, s'est doublée d'une affaire sur l'attitude du diocèse de Lyon à son égard.

Réunies dans une association, des victimes fustigent "l'omerta" dont a bénéficié le prêtre qui en dépit d'un signalement en 1991 reconnu par le diocèse, a pu poursuivre sa carrière au contact d'enfants jusqu'en août 2015.

Comme trois de ses prédécesseurs dont l'éminent Primat des Gaules Albert Decourtray, le cardinal Philippe Barbarin, nommé archevêque de Lyon en 2002, soit 11 ans après les derniers faits attestés, est mis en cause par les victimes pour la gestion du cas de ce prêtre.

Le cardinal qui a dit avoir été mis au courant des agissements de ce religieux en 2007-2008, dans un entretien au quotidien La Croix le 11 février, a pour l'heure exclu de démissionner et exprimé sa compassion à l'égard des victimes, dans un entretien paru mercredi dans le Parisien.

Dans l'hypothèse où l'enquête du parquet de Lyon se rapprocherait du Primat des Gaules, la question de la prescription du délit de "non-dénonciation" pourrait là aussi se poser avec acuité aux policiers et aux magistrats.

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