Marine Le Pen et les protestants : la polémique en quatre actes

En se réclament du cardinal de Richelieu, la candidate du Front national s'est mise à dos une partie de la communauté protestante de France.

Marine Le Pen, le 17 avril 2017, lors de son meeting à Paris. 
Marine Le Pen, le 17 avril 2017, lors de son meeting à Paris.  (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)
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Durant cette campagne présidentielle, Marine Le Pen s'est prise de passion pour le cardinal de Richelieu. Une référence historique qui lui a valu une pluie de critiques, qu'elle n'avait visiblement pas anticipée. Au détour d'une interview sur TF1, mardi 18 avril, la candidate du Front national s'est mise à dos une bonne partie de la communauté protestante de France. Franceinfo vous explique comment.

1Marine Le Pen fait l'éloge de Richelieu

Invitée de l'émission "Demain président...", Marine Le Pen est interrogée sur un "modèle" en politique qui l'inspire. La candidate FN nomme alors "Richelieu, qui était le promoteur d'un Etat moderne, qui a refusé justement peut-être qu'une religion prenne le pas sur la France". Mais alors que le journaliste lui fait remarquer que l'évêque catholique et homme d'Etat "n'a pas été très amical avec les protestants", l'élue frontiste répond :

Qu'est-ce que vous voulez... C'est peut-être les protestants qui avaient peut-être des exigences à l'époque qui allaient à l'encontre de la nation.

Marine Le Pen

sur TF1

Le cardinal de Richelieu est notamment connu pour avoir fait le siège de la cité protestante de La Rochelle, sur ordre de Louis XIII, en 1627 et 1628. Il a ainsi mené une politique de répression violente contre les protestants. "Sur les 28 000 habitants de la ville, 5 400 ont survécu", rappelle Padre Pio, blogueur-historien. 

2Une sortie immédiatement condamnée

Des propos rapidement dénoncés sur Twitter, notamment par l'ancienne patronne du Medef.

La députée PS de l'Hérault, Fanny Dombre-Coste, a quant à elle rappelé sur Twitter que Marine Le Pen n'était pas la première personne de sa famille à attaquer les protestants. En 2015, Marion Maréchal-Le Pen avait comparé l'occupation allemande et la "réforme protestante"... avant de s'excuser.

3La Fédération protestante de France dénonce des propos "irresponsables"

La réaction des intéressés ne s'est pas fait attendre non plus. "Pas dupe", la Fédération protestante de France réplique dans un communiqué qu'elle "voit bien qu'à travers la référence aux protestants d'hier, cités avec tant de malveillance et d'irrespect alors qu'ils étaient persécutés et assassinés par le pouvoir royal, c'est 'peut-être' l'islam d'aujourd'hui qui est visé". "Ces propos sont irresponsables. Encore une fois, l'extrême droite tient un discours qui ne peut qu'attiser la haine et justifier la violence", poursuit la principale instance représentative du protestantisme français, qui souhaite "que les électeurs ne soient pas dupes de ces appels à la division".

4Marine Le Pen tente de calmer le jeu

Face à la polémique, Marine Le Pen a déploré, mercredi matin, sur RMC et BFMTV, que "certains protestants, sérieusement, cherchent à [lui] faire querelle d'avoir évoqué Richelieu" "Je pense que ce n'est pas raisonnable", a-t-elle ajouté. "Justement, après La Rochelle, ils ont fait la paix d'Alès en 1629 qui fixait la liberté de culte et qui mettait les protestants à égalité avec les catholiques, s'est défendue la candidate FN. J'ai juste rappelé qu'à l'époque, les protestants, avec l'aide de l'Angleterre, avaient cherché à créer un Etat dans l'Etat." Et de conclure :

Je n'ai rien contre les protestants, enfin. Il faut quand même accepter qu'on puisse faire des références historiques dans notre pays, ou alors on raye l'histoire de France.

Marine Le Pen

sur BFMTV