"Les Français juifs ne doivent pas douter de la France" martèle Valls au dîner du Crif

Le Premier ministre a répondu à Roger Cukierman, le président du Crif, qui venait d'exprimer l'angoisse des juifs de France.

Le Premier ministre Manuel Valls, le 7 mars 2016, lors du dîner du Crif à Paris.
Le Premier ministre Manuel Valls, le 7 mars 2016, lors du dîner du Crif à Paris. (MICHEL EULER / POOL / AFP)

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Manuel Valls a souligné, lundi 7 mars au soir, que "les Français juifs ne doivent pas douter de la France", répondant à "l'angoisse" exprimée par le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, lors du 31e dîner annuel du Crif. En l'absence du président François Hollande, retenu à Bruxelles par la prolongation d'un sommet extraordinaire UE-Turquie sur la crise des migrants, c'est le Premier ministre qui a répondu, dans un discours préparé par le chef de l'Etat et complété par ses soins, à Roger Cukierman.

En raison des attaques ou menaces jihadistes et des actes antisémites, "nous avons le sentiment angoissant d'être devenus des citoyens de deuxième zone", avait souligné un peu plus tôt le président du Crif, dénonçant "des messages haineux en hausse exponentielle" sur internet.

"La liberté d'expression n'est pas le permis de répandre la haine"

"La disposition visant à sortir les délits antisémites et racistes du droit de la presse pour les faire rentrer dans le droit commun figurera dans le projet de loi Egalité et citoyenneté, soumis au Parlement au printemps", a répondu Manuel Valls alors que le président du Crif s'étonnait du retard de cette mesure. Ainsi, il sera dit de la manière la plus claire que la liberté d'expression, que nous chérissons, ce n'est pas le permis de répandre la haine."

Pour le Premier ministre, "les Français juifs ne doivent pas douter de la France. (...) Les Juifs de France ont bâti la France. Ils doivent continuer de la bâtir !" S'écartant de la version écrite de son discours, il a martelé que "mener des politiques fortes contre l'antisémitisme ou l'antisionisme ne fera pas perdre des voix ici ou là dans tel ou tel quartier", mais "honorera tous ceux qui seront engagés dans ce combat".

"L'antisionisme, synonyme de l'antisémitisme et de la haine d'Israël"

"Il y a l'antisémitisme des beaux quartiers, il y a aussi l'antisémitisme dans les quartiers populaires d'une jeunesse radicalisée. Et puis (...) il y a l'antisionisme, c'est-à-dire tout simplement le synonyme de l'antisémitisme et de la haine d'Israël", a-t-il fait valoir.

Le 31e dîner du Crif a réuni selon l'organisation "plus de 850 personnes" dans un hôtel parisien, avec un impressionnant parterre de personnalités politiques, diplomatiques, religieuses. Le prix du Crif a été décerné cette année "aux forces de police et aux militaires" pour saluer, a fait valoir Roger Cukierman, leur "dévouement exceptionnel dans la protection de nos coreligionnaires" après les attentats de janvier 2015.