Le pape François demande aux prêtres de pardonner l'avortement... pendant un an

Les catholiques repentants qui ont avorté ou provoqué l'avortement pourront se faire pardonner pendant le jubilé de la miséricorde, qui débute en décembre.

Le pape François, au Vatican, le 16 août 2015.
Le pape François, au Vatican, le 16 août 2015. (ALBERTO PIZZOLI / AFP)
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Le pape François a demandé aux prêtres, mardi 1er septembre, d'accorder pendant le jubilé de la Miséricorde (décembre 2015-novembre 2016), le pardon aux catholiques repentants qui ont avorté ou provoqué l'avortement.

Dans une lettre adressée au prélat italien Rino Fisichella, organisateur de cette "Année sainte" (ou jubilé), François a annoncé diverses dispositions concrètes pour que la possibilité de voir ses fautes pardonnées (ce que permet un jubilé dans la tradition catholique) bénéficie au plus grand nombre.

Pour le pape, l'avortement est un "drame"

La disposition la plus frappante concerne l'avortement : le pape, qui qualifie l'avortement d'"horreur", déclare avoir "décidé, nonobstant toute clause contraire, d'accorder à tous les prêtres, pour l'année jubilaire, la faculté d'absoudre du péché d'avortement tous ceux qui l'ont provoqué, et, qui, le cœur repenti, en demandent pardon".

Cette catégorie inclut les médecins et les membres des familles qui obligent une femme à avorter. Pour ces femmes, "le pardon de Dieu à quiconque s'est repenti ne peut être nié", ajoute le pape. D'autant plus, dit-il, si celles-ci demandent à recevoir le sacrement de confession.

François exprime sa sensibilité particulière à ce "drame" : "Le drame de l'avortement est vécu par certains avec une conscience superficielle, qui semble ne pas se rendre compte du mal très grave qu'un tel acte comporte". Mais, ajoute-t-il, "beaucoup d'autres, en revanche, bien que vivant ce moment comme un échec, considèrent ne pas avoir d'autres voies à parcourir. Je pense à toutes les femmes qui ont eu recours à l'avortement."

Une faute punie d'excommunication chez les catholiques

"Je connais bien les conditionnements qui les ont conduites à cette décision. Je sais qu'il s'agit d'un drame existentiel et moral. J'ai rencontré de nombreuses femmes qui portaient dans leur cœur la cicatrice de ce choix difficile et douloureux. Ce qui a eu lieu est profondément injuste", insiste François.

En vertu du droit canon de l'Eglise catholique, l'avortement est une faute particulièrement grave punie d'excommunication automatique, à moins qu'il n'ait eu lieu sous la contrainte. Le pape ne cesse de condamner l'acte lui-même. En mai dernier, l'archevêque Rino Fisichella avait déjà annoncé que l'avortement ferait partie des péchés pouvant être pardonnés pendant le jubilé. Mais il avait indiqué qu'un nombre de prêtres limités, "missionnaires de la miséricorde", seraient habilités à accorder ce pardon dans le monde. Des évêques peuvent déjà autoriser certains ou tous les prêtres de leur diocèse à pardonner cette faute, au cours d'événements religieux particuliers.

En 2009, une polémique avait éclaté quand le Vatican avait soutenu l'archevêque de Recife, au Brésil : ce dernier avait excommunié une mère et des médecins ayant fait avorter une fillette de 9 ans, violée par son beau-père.