Deux évêques américains ont caché des abus sexuels contre des centaines d'enfants

Les deux évêques ont dissimulé les actes perpétrés par des prêtres contre des centaines d'enfants durant quatre décennies en Pennsylvanie, selon la décision d'un grand jury. 

Le Pape François en visite aux Etats-Unis, le 24 septembre 2015, dans l'église St Patrick à Washington.
Le Pape François en visite aux Etats-Unis, le 24 septembre 2015, dans l'église St Patrick à Washington. (ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

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Le film Spotlight résonne dans l'actualité. Deux évêques américains ont aidé à dissimuler des abus sexuels, selon la décision d'un grand jury rendue publique mardi 1er mars. Des actes perpétrés par 50 prêtres catholiques et responsables religieux contre des centaines d'enfants durant quatre décennies en Pennsylvanie (est des Etats-Unis).

Un verdict qui tombe après la remise dimanche de l'Oscar du meilleur film à Spotlight, un long métrage qui revient sur un autre scandale de prêtres pédophiles mis au jour par des journalistes du Boston Globe au début des années 2000.

Mise en danger de milliers d'enfants

Concernant l'affaire en Pennsylvanie, un rapport de 147 pages a mis en lumière des preuves confondantes selon lesquelles les évêques James Hogan et Joseph Adamec, qui ont dirigé le diocèse de Altoona-Johnstown entre le milieu des années 1960 et 2011, ont eu connaissance de multiples allégations d'abus et sont intervenus pour empêcher la police et les enquêteurs d'arrêter les prêtres pédophiles.

Leur conduite a mis en danger des milliers d'enfants et a permis à ces prédateurs d'abuser d'autres enfants, a estimé la procureur de l'Etat de Pennsylvanie Kathleen Kane, dont le bureau a rendu public le rapport. "Les crimes odieux dont ont été victimes ces enfants sont absolument impensables", a souligné Kathleen Kane. "Tout aussi troublant, les dirigeants religieux ont couvert ces agissements, ce qui a permis à ces faits de se perpétuer durant des décennies", a-t-elle ajouté.

"Ils ont failli dans la tâche la plus importante de notre société, qui est de protéger nos enfants"

Kathleen Kane - procureur de l'Etat de Pennsylvanie

Cependant, aucune poursuite pénale ne peut être engagée au vu de ce rapport, car les faits sont trop anciens, les prêtres pédophiles présumés sont décédés, ou les victimes sont trop traumatisées pour témoigner, a noté le bureau de la procureur. Kathleen Kane a appelé les victimes à rapporter toute activité criminelle pour voir si des charges pourraient être retenues.