Une employée travaille dans un restaurant Quick à Gonesse (Val d'Oise), le 22 mars 2011. 
Une employée travaille dans un restaurant Quick à Gonesse (Val d'Oise), le 22 mars 2011.  (MATTHIEU RONDEL / MAXPPP)

Tweeter au travail peut vous coûter cher. Le groupe de restauration rapide Quick a annoncé, jeudi 3 janvier, son intention de poursuivre en justice l'un de ses salariés pour avoir dénoncé sur Twitter les dysfonctionnements d'un fast food d'Avignon. Sous le pseudonyme @EquipierQuick, ce dernier racontait depuis deux mois son quotidien sur le réseau social à ses quelques 1 650 abonnés.

L'employé suspendu depuis le 30 novembre 

Evoquant ses horaires, ses tâches et son salaire, il a notamment pointé de mauvaises conditions de travail et une "pression énorme de la part d'une manager et des manquements à l'hygiène". Il évoque des collègues qui "craquent dans les vestiaires" et "pleurent", ou encore "des menaces quotidiennes, sur certains, de perdre leur CDI".

Contacté par l'AFP, l'employé qui ne veut pas rendre son identité publique pour le moment, a affirmé qu'il était "suspendu depuis le 30 novembre" et "sans nouvelles de son employeur depuis". "Twitter est un outil à la base d'informations. Et je ne voulais pas créer une bombe atomique", avait-il tweeté fin novembre, expliquant "[tenir] à la marque Quick" et renouvellant sa volonté "de faire avancer nos [les employés] droits."

Quick estime les propos diffamatoires

De son côté, la direction a considéré "ces propos comme diffamatoires dans la mesure où ils mettent publiquement en cause la réputation de Quick" et envisage "des poursuites pénales à l'encontre de la personne qui se cache derrière le compte", a déclaré à l'AFP un porte-parole du groupe.

En novembre, la directrice de la communication du restaurateur était entrée en contact avec l'employé, avait rapporté Slate.fr. Elle aurait alors indiqué que "le climat dans ce restaurant "[semblait] préoccupant"", assurant que "Quick France ne cherche pas à licencier le responsable de ces tweets." 

Cependant, la chaîne a indiqué que "des audits qualité et social", réalisés dans le restaurant visé, "ont démenti tous les faits dénoncés par le compte @EquipierQuick". L'employé, lui, s'est dit "impatient de [s']expliquer avec les autorités françaises", toujours sur Twitter.