Près de 500 sans-abri sont morts en 2014, soit neuf par semaine

Selon un rapport du collectif Les Morts de la rue, 88% de ces personnes décédées sont des hommes. 

Des sans-abri dorment sur un trottoir, rue de Rivoli, dans le centre de Paris, le 2 avril 2015. 
Des sans-abri dorment sur un trottoir, rue de Rivoli, dans le centre de Paris, le 2 avril 2015.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Le collectif Les Morts de la rue a recensé près de 500 décès de SDF en France en 2014. Cela représente une moyenne de neuf décès par semaine, selon le rapport annuel du collectif, dévoilé jeudi 12 novembre.

"On estime qu'on a recensé entre un cinquième et un sixième des disparitions de SDF", a expliqué le président des Morts de la rue, Nicolas Clément. Une étude de l'Inserm-CepiDc de 2011 faisait effectivement état d'un chiffre bien plus important : elle évaluait alors le nombre total de décès de SDF à 2 908 (entre 1 450 et 4 361). 

Selon le rapport, ces personnes étaient majoritairement des hommes (88%), morts en moyenne à 49 ans, alors que l'âge moyen de décès des hommes dans la population générale s'établit à 79 ans, souligne encore le président du collectif.

Des morts à n'importe quelle période de l'année

Selon le collectif, 498 décès de sans-abri leur ont été signalés pour l'année 2014, ainsi que 72 décès de personnes anciennement SDF mais dont la mort, survenue quelques années après leur sortie de rue, peut être considérée comme le résultat de leur vie précédente, a détaillé Nicolas Clément. 

Ces décès sont survenus tout au long de l'année, et pas seulement l'hiver, insiste le collectif. D'ailleurs, seuls six des décès signalés, soit moins de 1% d'entre eux, sont dus à une hypothermie. Dans l'année, deux pics sont cependant à noter : "En octobre, quand ils commencent à se préoccuper de savoir où ils vont passer l'hiver, et qu'ils quittent l'endroit où ils s'étaient installés pendant l'été, et en juin, quand les hébergements d'hiver se ferment", a poursuivi le président du collectif. 

Ils meurent d'abord de maladies (50%), comme les cancers, les maladies cardiovasculaires, notamment pour les plus âgés. Ils meurent également de causes externes (28%) comme les agressions, les accidents et les suicides, en particulier pour les plus jeunes. Vingt-deux pour cent succombent à des causes inconnues du collectif. "Mais ce qui tue, c'est essentiellement l'usure", a observé Nicolas Clément, qui veut insister sur "la prévention des décès" et "l'accompagnement dans la sortie de la rue".