Ce que l'on sait de l'éboulement mortel sur le chantier du site d'enfouissement de déchets nucléaires de Bure

C'est la deuxième fois qu'un accident mortel se produit sur ce site.  

Des employés dans le laboratoire de Bure (Meuse), le 4 février 2013. 
Des employés dans le laboratoire de Bure (Meuse), le 4 février 2013.  (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

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L'accident a coûté la vie à un employé d'Eiffage. Mardi 26 janvier, un éboulement survenu dans une galerie en cours de forage sur le site d'enfouissement de déchets nucléaires de Bure (Meuse) a fait un mort et un blessé léger, a indiqué la préfecture de la Meuse dans un communiqué.

Francetv détaille ce que l'on sait de ce drame.

Qui sont les victimes ? 

Les victimes sont deux techniciens de la société Eiffage. L'un d'eux a été tué dans l'éboulement, tandis qu'un second a été légèrement blessé. Ils étaient en train de "creuser un souterrain annexe, dans le cadre d'une expérimentation", selon Bertrand Pancher, député UDI de la Meuse, cité par BFMTV. 

La galerie dans laquelle s'est déroulé le drame a été entièrement évacuée et des vérifications de stabilité sont en cours, selon la préfecture. Une cellule psychologique a par ailleurs été mise en place pour les employés.

Que s'est-il passé ? 

Contactée par francetv info, l'Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra) confirme que l’éboulement s’est déroulé dans le cadre d’expérimentations menées dans le laboratoire souterrain, dans lequel travaillent 50 personnes, dont des entreprises de BTP pour le creusement de la galerie.

Dans un communiqué, la préfecture indique que l'accident est survenu à 12h40. "Selon les premières informations, le front de taille d’un fond de galerie a glissé alors que des relevés géophysiques étaient en cours", précise-t-elle. 

L'Andra rappelle de son côté que le "laboratoire souterrain n’accueille pas de déchets radioactifs et n’en accueillera pas. Il s’agit d’un laboratoire de recherches et d’expérimentations pour la conception du futur centre de stockage, Cigéo, qui sera physiquement séparé du laboratoire."

Quelles conséquences sur le projet d'enfouissement ? 

Le projet supervisé par l'Andra doit accueillir d'ici 2025 les déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français (3% du total) à 500 mètres sous terre, ainsi que ceux ayant la durée de vie la plus longue.

Jugeant "préférable" que l'accident se soit produit "avant que les déchets nucléaires ne soient enfouis" – tout en "regrettant" le décès de l'employé –, l'Observatoire du nucléaire, une association antinucléaire, a "exigé l'abandon immédiat du projet".

Et pour cause, les associations antinucléaires ont intenté une action en justice contre l'Andra, qu'elles accusent de "mensonge". Elles lui reprochent d'avoir sous-estimé volontairement la richesse du sous-sol de Bure (des nappes souterraines d'eau chaude) pour faciliter l'implantation du futur centre dans cette zone rurale. Déboutées fin mars 2015, elles ont fait appel, dénonçant "une gigantesque poubelle atomique de 300 hectares en surface et 15 km2 de galeries souterraines", et pointant l'obsolescence des matériaux devant servir à contenir ces déchets.

D'autres accidents ont-ils endeuillé le site ? 

C'est la deuxième fois qu'un accident mortel se produit sur ce site.  En 2002, un ouvrier avait été écrasé par un tube d'aération dans le puits d'accès principal, à plus de 200 mètres de profondeur, provoquant l'arrêt du chantier pour cinq mois.

En décembre 2001, un ouvrier avait été blessé après une chute de 11 mètres dans le même puits.