Le conseil d'administration d'EDF repousse la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim

L'arrêt de la plus vieille centrale en activité de France faisait partie des promesses de campagne de François Hollande en 2012.

La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), le 14 mars 2011.
La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), le 14 mars 2011. (FREDERICK FLORIN / AFP)
avatar
Marie-Adélaïde ScigaczFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Fessenheim reste en sursis. Jeudi 6 avril, le conseil d'administration d'EDF s'est prononcé sur l'avenir de la doyenne des centrales nucléaires françaises, située dans cette ville du Haut-Rhin. Ses administrateurs ont repoussé sa fermeture, promise par François Hollande en 2012. Elle pourrait désormais coïncider avec la mise en service de l'EPR de Flamanville, prévue à l'horizon 2019. Il s'agissait du scénario préconisé par Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF. 

Deux délibérations ont été présentées au conseil d'administration. La première, qui n'a pas été votée, visait à fermer la centrale de Fessenheim au plus vite, en tout cas suffisamment rapidement pour permettre à la ministre de l'Environnement Ségolène Royal de signer un décret validant ce scénario avant la fin du quinquennat. La seconde, celle finalement adoptée, donne mandat au patron d'EDF pour demander l'arrêt de Fessenheim, mais plus tard.

Plusieurs centaines de manifestants devant le siège

Ainsi la demande d'abrogation d'exploiter la centrale ne sera faite que "dans les six mois précédant" la mise en service de l'EPR de Flamanville, prévue à l'horizon 2019, a indiqué EDF dans un communiqué. La ministre de l'Energie Ségolène Royal a salué une "bonne décision", qu'elle entend acter "juridiquement dans les prochains jours".

"Ségolène Royal n'est pas parvenue à obtenir son décret immédiat (...) c'est incontestablement un échec cinglant", a rétorqué le syndicat FO dans un communiqué, tandis que la CGT a salué "une victoire pour les salariés", alors qu'"il aurait été catastrophique de fermer cet outil industriel", selon elle.

La décision des administrateurs était en effet très attendue à l'extérieur. Devant le siège du groupe à Paris, protégé par des barrières et des cars de police, plusieurs centaines de salariés d'EDF, et en particulier du site de Fessenheim (Haut-Rhin), s'étaient rassemblés à la mi-journée. Répondant à l'appel de l'intersyndicale CGT, CFDT, FO et CFE-CGC, ils ont affiché leur opposition à la fermeture de Fessenheim, préjudiciable selon eux à 2 000 emplois directs et indirects.