Des mesures exceptionnelles de restriction d'électricité pourraient être prises cet hiver

Des coupures programmées pourraient avoir lieu.

Un technicien répare une ligne électrique à Tregunc (Finistère), le 13 janvier 2017.
Un technicien répare une ligne électrique à Tregunc (Finistère), le 13 janvier 2017. (FRED TANNEAU / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Y aura-t-il du chauffage à Noël ? Le gestionnaire du réseau électrique RTE a prévenu mardi 7 novembre qu'il pourrait être amené à prendre des mesures "exceptionnelles" qui pourront aller jusqu'à des coupures programmées cet hiver pour assurer l'alimentation des foyers français.

Des arrêts de centrales non prévus ou des conditions climatiques hors normes "pourraient fragiliser l'alimentation électrique des Français" pendant les mois les plus froids, précise RTE dans son bilan prévisionnel. La sécurité d'approvisionnement électrique du pays est particulièrement sensible l'hiver, du fait de la part importante de l'électricité dans le chauffage des Français.

Une saison "sous surveillance"

"Avec l'arrêt définitif des moyens de production au fioul en 2017 et 2018, le système électrique est désormais ajusté aux besoins électriques de la France", et l'offre de production énergétique globale sera supérieure à celle de l'hiver dernier, souligne RTE. Toutefois, des arrêts non prévus ou des conditions climatiques "hors norme" pourraient fragiliser l'alimentation électrique des Français. De quoi pousser le gestionnaire à placer l'hiver qui arrive "sous surveillance", ce qui signifie qu'il nécessitera une vigilance particulière.

Les mesures exceptionnelles qui pourraient être prises sont l'interruption de l'alimentation de gros consommateurs industriels volontaires ou encore une baisse de 5% de la tension sur les réseaux électriques. En tout dernier recours, RTE pourrait décider de coupures de courant momentanées, localisées et tournantes.

Une augmentation des émissions de CO2 attendue

RTE a profité de son bilan prévisionnel pour revenir sur les conséquences de l'objectif de réduction de la part du nucléaire à 50% de la production d'électricité d'ici à 2025, établi dans le cadre de la loi de transition énergétique. Pour le gestionnaire du réseau, cette décision entraînera "une augmentation des émissions de CO2 du système électrique", car il faudrait utiliser plus de centrales à gaz et à charbon.

Ce scénario implique aussi que la fermeture des centrales à charbon très polluantes devrait être repoussée au-delà de 2025, soit bien après la date prévue par le gouvernement. Il suppose, en outre, la construction d'un "nombre significatif" de nouvelles centrales au gaz.