Le ciel est bleu, le soleil brille... et les particules fines s'accumulent. La pollution atmosphérique, observée depuis plusieurs jours en Ile-de-France, continue de toucher la région, mardi.

Pourquoi ces alertes récurrentes ?

Depuis quatre jours, l'Ile-de-France est en alerte pollution, à cause de la saturation de l'air en particules fines, qui sont à l'origines de troubles respiratoires graves. En cause, la circulation automobile, le soleil, qui crée un couvercle d'air chaud sur la région, et l'absence de vent, qui habituellement balaye les particules.

Le seuil dit "d'information", qui s'accompagne d'une recommandation à l'attention des personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, malades) a déjà été atteint 24 fois depuis le début de l'année, contre 16 pour toute l'année 2011. Le seuil d'alerte a, lui, été dépassé quatre fois depuis le début de l'année. Inquiétant ? Oui, mais il faut rappeler que les seuils d'alerte ont été abaissés le 27 octobre 2011. Cela explique des dépassements plus fréquents.

Quelles mesures sont prises ?

La situation s'améliorant légèrement mardi, les vitesses ne seront pas expressément limitées. La préfecture de police recommande toutefois de réduire la vitesse autorisée de 20 km/h pour les différents axes et de la ramener à 60 km/h sur le boulevard périphérique de Paris. De manière générale, les autorités recommandent de différer les déplacements en voiture dans la région francilienne, en particulier les transits, et de privilégier les transports en commun.

La préfecture de la région Ile-de-France a par ailleurs interdit les épandages agricoles par pulvérisation, ainsi que le brûlage des déchets verts en plein air.

Vers des mesures plus contraignantes ?

Il faut "obliger les poids lourds à contourner le centre de la métropole", réclame Denis Baupin, adjoint au maire de Paris chargé du développement durable, interrogé par Le Parisien (article payant). Une proposition actuellement étudiée par le ministère de l'Ecologie, selon le quotidien.

L'Etat compte aussi sur les Zones d'actions prioritaires pour l'air (ZAPA), qui seront testées dans huit villes à partir de fin 2012. Ces ZAPA doivent permettre aux "collectivités locales d'interdire l’accès de manière permanente ou temporaire aux véhicules les plus émetteurs de particules et d’oxydes d’azote" et de développer une politique de stationnement en périphérie des villes, selon le ministère de l'Ecologie.

Mais la lutte contre la pollution atmosphérique peut aussi se jouer sur le terrain fiscal. "L'Etat doit arrêter de faire du dumping en faveur du diesel", demande également Denis Baupin, interrogé par Le Figaro. En effet, l'Etat applique au diesel, pourtant très pllouant, des taxes plus basses qu'aux autres carburants, alors qu'il coûte déjà moins cher à la production.