Des députés de gauche jouent au Scrabble sur leur iPad, en séance de nuit à l'Assemblée Nationale lors de l'examen du projet de loi sur le mariage gay, le 4 février 2013.
Des députés de gauche jouent au Scrabble sur leur iPad, en séance de nuit à l'Assemblée Nationale lors de l'examen du projet de loi sur le mariage gay, le 4 février 2013. (DR)

Twitter sème la zizanie dans l'hémicycle. Depuis le début des débats sur le mariage pour tousles députés ne cessent de s'interpeller violemment sur le réseau social, au point de remettre en cause son utilisation au Parlement. Mardi 5 février, le président des députés PS, Bruno Le Roux, a tapé du poing sur la table. La raison de sa colère ? La diffusion, via le compte du député UMP Marc Le Fur, d'une photo mal légendée d'un député socialiste jouant au scrabble dans l'hémicycle en plein débat. Un tweet jugé "inadmissible", voire "diffamatoire", selon le député PS.

"Il faut arriver à s'occuper le cerveau"

Seulement la légende affirme qu'il s'agit du député PS de Seine-Maritime, Guillaume Bachelay, avec cette mention : "Mariage gay, adoption PMA GPA, ce député décide du sort des enfants de France". Marc Le Fur a ensuite précisé qu'il s'agissait en fait d'un député socialiste de Saône-et-Loire, Thomas Thévenoud, et a présenté ses excuses à Guillaume Bachelay, présent dans l'hémicycle.

Interrogé par Le Lab, Thomas Thévenoud assume : "Quand on en est à étudier plus de 500 amendements dont des centaines rigoureusement identiques, il faut arriver à s'occuper le cerveau." Et de dénoncer "l'obstruction de la droite", qui a déposé plusieurs milliers d'amendements


Faut-il encadrer Twitter dans l'Assemblée ?

Depuis vendredi 1er Février, les tweets font régulièrement des incursions dans l'hémicycle. Chaque camp protestant contre le tweet d'un député de l'autre camp. Lundi, un député UMP, Philippe Gosselin, a même demandé une réflexion sur l'usage des réseaux sociaux par les députés. 

Hervé Mariton, un des principaux orateurs du groupe UMP, estime que le Wi-Fi pourrait être désactivé dans l'hémicycle, considérant que les députés passaient trop de temps sur le réseau social Twitter. "Le temps que les députés consacrent dans une démarche à la fois chahuteuse et un brin narcissique à tweeter dans l'hémicycle (...), c'est autant de temps qu'ils ne consacrent pas au débat". Un avis qui semble partagé par la presse anglo-saxonne. Les photos des députés français jouant au scrabble ont ainsi été reprises par le DailyMailqui s'interroge sur l'assiduité de nos députés.