Mariage pour tous : le texte de retour à l'Assemblée plus vite que prévu

Le gouvernement a avancé la seconde lecture au 17 avril, alors qu'une manifestation des opposants est prévue le 26 mai. Christian Jacob pointe le "risque d'une confrontation violente avec les Français".

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, à l\'Assemblée nationale à Paris, lors de l\'examen du projet de loi sur le mariage pour tous, le 12 février 2013. 
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, à l'Assemblée nationale à Paris, lors de l'examen du projet de loi sur le mariage pour tous, le 12 février 2013.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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L'exécutif cherche-t-il à prendre de vitesse les opposants au mariage pour tous ? En tout cas, le projet de loi, adopté vendredi 12 avril par le Sénat, doit revenir en seconde lecture à l'Assemblée nationale plus vite que prévu, à savoir dès le 17 avril. Initialement, le texte devait être réexaminé par les députés fin mai. Or, Frigide Barjot, l'une des chefs de file des opposants à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, avait annoncé mercredi une nouvelle manifestation nationale contre le projet de loi, le 26 mai.

"C'est une honte. Les Français ne veulent pas de ce projet de loi et que font-ils ? Ils accélèrent", a-t-elle réagi, au bord des larmes. "Hollande veut du sang, il en aura ! Tout le monde est furieux. Nous vivons dans une dictature", s'est-elle emportée, alors que son mouvement, La Manif pour tous, a appelé à manifester dans la soirée à proximité du Sénat, tout comme les catholiques traditionnalistes de Civitas. 

"Le risque d'une confrontation violente", selon Jacob

La seconde lecture à l'Assemblée ne concernera pas l'article 1er du texte, le plus important, qui ouvre le mariage et l'adoption aux couples de même sexe. Celui-ci a été adopté dans les mêmes termes par les deux chambres du Parlement. Seuls les articles votés dans des termes différents par les députés et les sénateurs seront réexaminés.

Ce changement de calendrier n'a pas plu non plus au chef de file des députés UMP, Christian Jacob, qui a réagi dans un communiqué. Selon lui, "le président de la République prend le risque d'une confrontation violente avec les Français" en avançant à mercredi le nouvel examen par l'Assemblée. "Le calendrier parlementaire est bouleversé dans des conditions inacceptables, qui témoignent d'un mépris total pour l'Assemblée nationale."