Un incident a éclaté, dans la nuit de jeudi à vendredi 19 avril, à l'Assemblée nationale, où était examiné le projet de loi sur le mariage pour tous. Plusieurs députés UMP se sont rendus au banc du gouvernement pour protester contre une mimique d'un collaborateur de la garde des Sceaux, Christiane Taubira. Aux cris de "dehors, dehors", ils se sont approché des bancs du gouvernement. Les huissiers et le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, ont dû s'interposer. Les députés UMP ont alors failli venir aux mains. Ces images de LCP témoignent de la tension dans l'hémicycle.

(LCP)

Jean-Jacques Urvoas (PS), président de la commission des Lois, a jugé la scène digne du "Parlement russe". La majorité partage cet étonnement. "Ça fait trente ans que je siège dans cet hémicycle je n'ai jamais vu cela", a réagi Alain Vidalies, tandis que le président de l'Assemblée, Claude Bartolone (PS), a condamné cette "descente avec menace physique""Des coups de poings sont partis", a affirmé le député Bernard Roman (PS). Une huissière a reçu un coup, selon des sources parlementaires. Notre journaliste Vincent Daniel relate la scène. 

Une nouvelle nuit de manifestation devant l'Assemblée

A l'extérieur, une nouvelle manifestation d'opposants au mariage pour tous était organisée, suivie par près de 3 000 personnes. Peu après 22 heures, heure de la dispersion, de petits groupes ont fait face aux CRS en les provoquant et en jetant des projectiles (canettes, bouteilles...). Au total, 74 personnes ont été interpellées. 

Hervé Mariton (UMP) a affirmé que ces "interpellations" avaient été menées "avec brutalité" et son collègue Philippe Meunier a brandi une ballerine, rapportée de l'extérieur, pour expliquer qu'il ne s'agissait en aucun cas d'une manifestation de "'nervis d'extrême droite" qui manifestaient devant l'Assemblée.

(LCP)

Ces allers-retours de députés UMP entre l'extérieur et l'intérieur du Palais-Bourbon ont nourri les débats dans la nuit. L'incident a d'ailleurs eu lieu après une question de l'UMP sur l'action de la police face aux manifestants.