Frigide Barjot ne veut plus de "sang", mais dénonce l'absence de "démocratie"

"Je retire les mots violents de sang que j'ai prononcés", a déclaré la figure de proue des opposants au mariage. 

Frigide Barjot, porte-parole du collectif La Manif pour tous, s'exprime face à des journalistes, devant le Sénat, à Paris, le 4 avril 2013.
Frigide Barjot, porte-parole du collectif La Manif pour tous, s'exprime face à des journalistes, devant le Sénat, à Paris, le 4 avril 2013. (MIGUEL MEDINA / AFP)
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"Je retire les mots violents de sang que j'ai prononcés. (...) Ils ont été un peu loin, je ne vous le cache pas." Frigide Barjot, porte-parole du collectif La Manif pour tous, a fait son mea culpa, lundi 15 avril sur iTélé. La figure de proue des opposants à l'ouverture du mariage aux homosexuels avait déclaré vendredi : "Hollande veut du sang, il en aura !". Sa réaction intervenait après l'adoption au Sénat du projet de loi et l'avancée de la date prévue pour la deuxième lecture du texte à l'Assemblée.

Cet aveu de Frigide Barjot, lundi, forme une réponse à une partie de son entourage qui dénonce son attitude et ses propos alors que certains opposants au mariage pour tous radicalisent leurs actions.

Lâchée par Karl Zéro

L'animateur Karl Zéro a ainsi écrit lundi à sa belle-sœur, via une tribune publiée sur le Huffington Post. Il lui reproche l'extrémisme de son combat. Alors que la militante avait lancé vendredi : "Nous vivons dans une dictature !", Karl Zéro l'avertit : "On n'est pas en dictature, mais si tu continues sur ce registre-là, on y va tout droit." Dans un entretien à Europe 1, l'animateur estime que sa belle-sœur est "manipulée".



Dimanche, Alexandre Dousson, qui affirme connaître Frigide Barjot depuis 15 ans, lui a écrit une lettre publique sur Facebook. Partisan du mariage des homosexuels, et lui-même homosexuel, il rappelle qu'ils se connaissaient déjà à l'époque où il était chargé de communication des boîtes de nuit l'Etoile et le Queen. Dans sa lettre, likée plus de 16 000 fois et partagée plus de 7 000 fois, il explique sa désapprobation. Selon lui, les prises de position et l'attitude de celle qu'il tutoie font d'elle un "danger public". Il termine sa lettre en remerciant Facebook "d'avoir inventé la fonction 'supprimer un contact'". Et de conclure : "Ce sera le dernier plaisir que je m'octroie avec toi".

Un vocabulaire guerrier

Vendredi, quelques minutes avant de déclarer "Hollande veut du sang, il en aura !", Frigide Barjot a affirmé à francetv info : "Le président nous force à sortir du périmètre de la loi, ça va être violent ! On est en dictature ! François Hollande a guillotiné le peuple !" "La démocratie saigne", avait-elle également lancé, comme le rappelle le compte de ses supporters. 

Si Frigide Barjot lundi "retire les mots violents de sang", cette thématique de la dictature, elle ne l'abandonne pas : "Je considère qu'en effet, quand on refuse le référendum, que les manifestants ne sont pas écoutés et que la liberté de vote n'est pas respectée, nous ne sommes plus dans un pays démocratique", confie-t-elle dans un entretien au quotidien gratuit MetroDes propos qui ne risquent pas d'apaiser les opposants au mariage pour tous qui ont poursuivi la journaliste Caroline Fourest dimanche.