"Le service civique peut jouer un rôle majeur de transformation positive de la société"

Après les attentats qui ont endeuillé la France, Francois Hollande a souhaité faciliter toutes les formes d'engagement citoyen, en particulier le service civique. Pour Martin Hirsch, à l'initiative de ce dispositif en 2010, le service civique peut jouer un rôle positif essentiel pour la société, en donnant "une vraie place à l'engagement".

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Faciliter l'accès au service civique, c'est l'une des mesures qu'a annoncé François Hollande ce mardi pour "renforcer la citoyenneté " et "l'appartenance républicaine ". Créée en 2010 sous l'impulsion de Martin Hirsch, le service civique est un engagement de 6 à 12 mois dans des missions d'intérêt général auprès d'associations ou de collectivités. Il s'adresse à des jeunes de 16 à 25 ans.

Invité de France Info ce jeudi matin, Martin Hirsch, directeur de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris et président de l'Institut du service civique, appelle lui aussi à élargir ce dispositif, une clef pour construire "la citoyenneté de demain ".

"Je suis persuadé qu'il peut jouer un rôle majeur de transformation positive de la société, car il donne une vraie place à l'engagement. La citoyenneté de demain, ça veut dire qu'on est membre de la communauté nationale, qu'on se sent propriétaire d'une parcelle de l'ensemble des symboles républicains et qu'on se sent juste une place utile dans la société ".

Le service civique : une porte ouverte sur la mixité sociale

L'originalité du service civique, selon son fondateur : la mixité sociale qu'il permet, "en rupture avec tout ce qu'on a fait jusqu'à présent ". "Ne pas dire : on va faire un service civique pour les jeunes banlieusards, les jeunes musulmans, pour les jeunes qui ont tout raté, etc. Mais on va les mélanger. Donc dans le service civique, vous trouverez, que ce soit dans les banlieues ou au cœur de Paris, des jeunes qui ont raté 3 fois leur CAP avec des jeunes qui ont fait HEC ". Aujourd'hui, quatre demandes de service civique sur cinq restent sans réponse, a rappelé François Hollande à l'occasion de ses voeux aux corps constitués, à l'Élysée, souhaitant que "tous les volontaires pour le service civique " puissent être accueillis "à l'horizon 2017 ". Soit 150 à 170.000 personnes par an. Martin Hirsch est sur la même ligne : "Il y a une obligation qu'il faut créer : ne jamais refuser à un jeune de faire son service civique. Parlons des maires par exemple. A Bordeaux, il se trouve qu'Alain Juppé, depuis la création du service civique, reçoit à chaque fois tous les jeunes qui sont engagés avec une cérémonie civique. L'obligation pèse donc d'abord aujourd'hui sur les pouvoirs publics, qui n'ont pas ouvert suffisamment leurs portes, qui ont renoncé finalement à leur pouvoir de convaincre ".

Ne pas confondre service civique et bénévolat

Remettre l'engagement au coeur du projet de société, mais sous une forme encadrée et ouverte. Pas question ainsi de confondre service civique et bénévolat, explique Martin Hirsch. "Moi je suis pour l'indemnité, pour une bonne raison : s'il n'y avait pas d'indemnité, les fils à papa feraient leur service civique parce que les parents leur paieraient cette possibilité et les jeunes en difficulté ne le feraient pas ". L'enjeu de la généralisation du service civique, c'est "la réconciliation de la France avec elle-même " conclut le président de l'APHP.