Le Guen "doute" que les femmes aient "des droits normaux dans certains territoires de la République"

Invité de l'émission "Questions d'info" sur la chaîne LCP, Jean-Marie Le Guen estime que la France a accepté "trop de reculs sur la question des droits de la femme" depuis des années. Il en appelle au "respect des lois de la République".

(Jean-Marie Le Guen sur le plateau de LCP pour "Questions d'info")
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"Nous acceptons depuis des années trop de reculs sur laquestion des droits de la femme, que ce soit en termes de sécurité, de considération, de vie sociale ou de vie familiale", déclare ce mercredi Jean-Marie Le Guen, invité de l'émission "Questions d'info" sur la chaîne LCP, en partenariat avec France Info, Le Monde et l'AFP.

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, cite notamment "le port du voile". "Si demain j'étais père ou grand-père de quelqu'un qui vivrait dans certains quartiers, est-ce que ma fille ou ma petite-fille aurait les droits que j'estime normaux dans la société ? Celui de s'habiller, de se maquiller, de sortir, d'avoir des relations sentimentales (…). Je dis que parfois, dans certains territoires de la République, j'en doute, et ça, ça m'interpelle", poursuit Jean-Marie Le Guen, qui en appelle au "respect des lois de la République".

"Ma conviction est d'autant plus forte que ce n'était pas ma position spontanée : j'étais l'un de ceux qui, dans les années 1990, étaient plutôt sensibles à l'idée qu'il fallait respecter le port du voile. Mais quand je vois la réalité sociale du pays, je me dis que (…) le rappel à la loi est quelque chose d'assez fondamental", ajoute-t-il.

"Il y a trop d'organisations syndicales en France"

Jean-Marie Le Guen s'est prononcé sur le rôle des syndicats et estimé qu'"il y a trop d'organisations syndicales en France" . Pour le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, "le mouvement social et syndical français est affaibli par cela, ce qui fait qu'il a une représentation largement moins grande que dans d'autres pays".

 

Interrogé sur l'opposition de la CGT, SUD et FO à l'accord sur le travail du dimanche à la Fnac, Jean-Marie Le Guen a rappelé qu'il y aurait "des élections" au sein de l'entreprise et que le dernier mot reviendrait aux salariés.

 

"Je pense que les salariés, à la fois pour eux-mêmes mais aussi pour la création d'emplois, comprennent et connaissent l'importance de la dynamique de l'ouverture d'un certain nombre de magasins le dimanche, notamment dans les zones touristiques. Donc je pense que ceux qui sont des bloquants seront marginalisés. Et d'ailleurs, ils perdent les élections", a déclaré le secrétaire d'Etat. "Ceux qui sont sur des postures de blocage vont à la défaite sociale", a-t-il ajouté.

Le Guen donne raison à Macron

Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement a estimé qu'Emmanuel Macron avait eu "raison" d'affirmer sur BFMTV que "la vie d'un entrepreneur" était "souvent bien plus dure que celle d'un salarié", le chef d'entreprise ayant "moins de garanties". "Il n'est pas inaudible de dire que le salarié est parfois plus protégé que le chef d'entreprise", a précisé Jean-Marie Le Guen.

 

"Economiquement, l'entrepreneur, par définition, prend plus de risques, puisqu'il est souvent amené à gager une partie de son patrimoine personnel pour faire fonctionner son entreprise", a expliqué Jean-Marie Le Guen.

 

Cette "prise de risques" explique par ailleurs, selon lui, la différence de salaires entre un patron et ses salariés : "La prise de risques est plus grande, le gain est plus grand", a-t-il résumé.