Laurence Rossignol reconnaît une "faute de langage" après avoir évoqué les "nègres" favorables à l'esclavage

La ministre des Droits des femmes était, mercredi, l'invitée de RMC et BFMTV.

Laurence Rossignol, ministre des Droits des femmes, à l'Elysée, à Paris, le 8 mars 2016.
Laurence Rossignol, ministre des Droits des femmes, à l'Elysée, à Paris, le 8 mars 2016. (THOMAS SAMSON / AFP)

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Laurence Rossignol a fait, mercredi 30 mars, un parallèle entre les femmes qui choisissent de porter des vêtements islamiques et les "nègres" qui étaient favorables à l'esclavage. La ministre des Droits des femmes dénonçait sur RMC et BFMTV le développement par certaines marques et enseignes de distribution, de vêtements adaptés aux traditions musulmanes, comme le "burkini" (maillot de bain intégral) ou le hijab (foulard islamique).

Alors que le journaliste Jean-Jacques Bourdin lui fait remarquer que certaines femmes "choisissent" de porter ces vêtements, la ministre a répondu : "Mais bien sûr. Il y a des femmes qui choisissent. Il y avait des nègres afr..., des nègres américains qui étaient pour l'esclavage."

Des propos qui font polémique

Cette déclaration a déclenché de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. "En fait, c'est pas de sa faute @laurossignol a juste raté la formation du gouvernement contre le racisme...", a ironisé Widad K.

"Non, décidément, le racisme anti-Noir n'est pas l'apanage des opposants au mariage pour tous, lorsqu'ils insultaient Christiane Taubira en la traitant de 'guenon' ou de 'Banania'", ont réagi Mehdi Thomas Allal, maître de conférence à Sciences Po, et Asif Arif, avocat, dans une tribune publiée par Liberation.fr.

La ministre rejette "toute volonté de choquer"...

L'entourage de Laurence Rossignol a répondu : "Il n'y a pas de provocation de la part de la ministre, ni de volonté de choquer." "Le mot 'nègre' est un mot péjoratif qui ne s'emploie plus que pour évoquer l'esclavage, en référence à l'ouvrage abolitionniste 'De l'esclavage des nègres' de Montesquieu [qui date de 1748]. C'est un mot que la ministre n'emploie en aucune autre circonstance que par rapport à cette référence. Elle a sous-estimé que la référence n'était peut-être pas évidente."

... puis rétropédale

Interrogée par l'AFP, la ministre a ensuite reconnu une "faute de langage" sur l'emploi du mot "nègre". "J'ai employé le mot 'nègre' dans le seul usage qu'on puisse en faire pour parler de l'esclavage en Amérique et des négriers", s'est-elle défendue.

Et de conclure : "Mais je n'ai pas mesuré la perception la plus répandue. Et qu'on ne dit pas 'nègre' même quand c'est autorisé à propos de l'esclavage. En dehors de cette faute de langage, je ne retire pas un mot de ce que j'ai dit."