La Seine-Saint-Denis n’a plus les moyens d’accueillir de nouveaux mineurs étrangers et seuls

On les appelle les mineurs isolés. Des étrangers, arrivés seuls en France, souvent par Roissy-Charles de Gaulle, donc en Seine-Saint-Denis. L’Aide sociale à l’enfance (ASE) de ce département annonce qu’elle n’a plus les moyens d’accueillir de nouveaux arrivants, et renvoie la balle dans le camp de l’Etat.

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En 2010 en Seine-Saint-Denis, 943 mineurs étrangers isolés (arrivés en France sans parents) ont été confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), qui relève du conseil général. Leur prise en charge coûte chaque année 35 millions d’euros, soit 20% du budget consacré à l’enfance dans ce département, l’un des plus pauvres de France.

Aujourd’hui, le département ne peut plus suivre.
_ Ses responsables ont donc décidé de ne plus accueillir de nouveaux arrivants, surtout pour placer chacun face à ses responsabilités. Désormais, tout mineur isolé arrivant en Seine-Saint-Denis est confié à la Protection judiciaire de la jeunesse, relevant de l’Etat. "Nous avons décidé de mettre les services de l'Etat à contribution (…) Et pour ne pas laisser le mépris et l'injustice sans réponse, nous en appelons à la justice administrative pour obtenir compensation", écrit le président PS du conseil général, Claude Bartolone, dans un courrier adressé au Garde des Sceaux.

Absence totale de financement de leur prise en charge par l'Etat

En France, il y aurait quelque 6.000 mineurs isolés étrangers, qui fuient la guerre civile, les milices ou la pauvreté. Ils sont concentrés à Paris, Mayotte, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Seine-Saint-Denis.
Avant d’être étrangers, ils sont surtout mineurs et ne peuvent pas faire l’objet d’une expulsion.
Mais sans prise en charge par les services sociaux, ils échouent dans la rue, versent dans la délinquance ou finissent dans les circuits de la prostitution.

"Si l'on rapporte ce chiffre aux quelque 250.000 enfants bénéficiant d'une prise en charge de l'Aide sociale à l'enfance, ou aux 3,7 millions d'étrangers résidant régulièrement en France, la présence de mineurs isolés étrangers sur le territoire apparaît comme un phénomène à l'ampleur limitée", analyse de son côté France Terre d’Asile. FTA déplore dans le même temps une absence totale de financement de leur prise en charge par l’Etat.

Gilles Halais, avec agences