Une agence Pôle emploi. 
Une agence Pôle emploi.  (JULIEN THOMAZO / AFP)

Avec un taux de chômage qui devrait franchir la barre des 10 % en 2012 selon l'OCDE, la menace de la récession plane sur la France. Dans ce contexte, deux rapports rendus publics jeudi 15 décembre mettent en cause une politique de retour à l'emploi qui ne donne pas les résultats espérés. 

• Le bilan mitigé du RSA 

Dans son rapport, le comité national d'évaluation du revenu de solidarité active (RSA) dresse un bilan en demi-teinte de ce dispositif mis en place il y a trois ans. Il aurait des effets très limités sur la reprise d'emploi. Et pour cause, seules 500 000 personnes le touchent, alors que 1,5 million y sont éligibles. 

"La conjoncture économique dégradée a contraint l’offre d’emploi faite aux  bénéficiaires, développe le rapport. La connaissance imprécise par les bénéficiaires du mode de calcul du RSA en a limité l’impact ; le RSA, du moins à court terme, n’a pas significativement augmenté l’incitation financière à la reprise d’emploi par rapport au RMI."  

Interrogée sur TF1 jeudi, la ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, a concédé quelques aménagements nécessaires : "Il n'y a pas que la crise, il faut être honnête, il y a aussi un effet de complexité du système, avec des pilotes qui sont à la fois des élus locaux, Pôle emploi. (...) Les personnes qui sont au RSA ont besoin d'un accompagnement global pour aller vers l'emploi." Et c'est justement l'un des points faibles du dispositif, selon le comité national d'évaluation. 

Directeur de l'Ecole d'économie de Paris et président du comité, François Bourguignon a toutefois estimé que le RSA diminuait "l'intensité de la pauvreté dans le contexte actuel de crise".

• Pôle Emploi : le "millefeuille" français

Même constat de difficultés pour le service public de l'emploi, objet d'un rapport parlementaire intitulé "Performance comparée des politiques sociales en Europe". Les députés Michel Heinrich (UMP) et Régis Juanico (PS) y ont comparé les modèles français, allemand, suédois, britannique, néerlandais et portugais. 

Conclusion : les députés dénoncent un "millefeuille français". Détaillé par Le Monde.fr, le rapport estime que "le service public de l'emploi français demeure éclaté par rapport à ses voisins, et ce en dépit de la fusion ANPE/Unedic". Pôle emploi, Unedic, missions locales, associations, prestataires privés... La politique de retour à l'emploi souffrirait de son éclatement. Pour autant, les députés dénoncent "le centralisme", qui veut qu'un seul et même agent s'occupe de l'indemnisation et du suivi du demandeur d'emploi : une "fausse route", estiment-ils.

En outre, Pôle emploi disposerait de peu de moyens, notamment humains, en comparaison de ses voisins : "L'accroissement des dépenses à court terme est susceptible d'engendrer des économies en réduisant les dépenses d'indemnisation chômage", font-ils valoir.