Trois ans de prison ferme pour Gérard Dalongeville, ex-maire d'Hénin-Beaumont

La justice a condamné lundi l'ancien maire socialiste à quatre ans de prison, dont trois ferme, pour détournement de fonds publics. Gérard Dalongeville a décidé de faire appel.

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Le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) a tranché : l'ancien maire d'Hénin-Beaumont Gérard Dalongeville a été condamné lundi à quatre ans de prison, dont trois ferme, pour détournements de fonds publics. Il écope également de cinq ans d'inéligibilité et de 50.000 euros d'amende.

Une peine plus lourde que celle envisagée dans un premier temps par la justice puisque le 10 juin dernier, le représentant du ministère public avait requis contre l'ancien élu quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et 50.000 euros d'amende. A la sortie de l'audience, l'ancien maire de 42 ans s'est dit "touché " par un jugement qu'il juge "sévère ".

Gérard Dalongeville, qui a déjà effectué neuf mois de détention provisoire, a annoncé qu'il ferait appel de sa condamnation. Il ne retournera pas dans l'immédiat derrière les barreaux, l'appel étant suspensif. 

Corruption et fausses factures

Mis en examen en avril 2009, Gérard Dalongeville était poursuivi pour 18 détournement de fonds publics, 11 délits de favoritisme, 6 usages de faux et une corruption passive. Au total, 21 personnes ont comparu devant le tribunal de Béthune. Seuls neuf étaient présents devant le tribunal ce lundi.

L'ancien élu était également soupçonné de détournement de fonds publics au préjudice de la commune d'Hénin-Beaumont, dont il a été maire de 2001 à 2009. C'est entre 2006 et 2009 qu'il aurait mis en place, avec la complicité de son premier adjoint chargé des finances Claude Chopin et de l'homme d'affaires Guy Mollet, un système de fausses factures au bénéfice de sociétés. Les entreprises concernées n'ont jamais fourni les prestations pour lesquelles elles étaient prétendument rémunérées.

Dans cette affaire, Claude Chopin a été condamné lundi à trois ans de prison, dont un ferme, à 30.000 eurois d'amende et à cinq ans d'inéligibilité. De son côté, Guy Mollet a écopé de quatre ans d'emprisonnement, dont trois ferme, et 5.000 euros d'amende. 

Candidat aux municipales de 2014

Avec ce verdict, l'avenir politique de Gérard Dalongeville est très incertain, alors que l'ancien maire n'a pas caché son ambition de récupérer son mandat de maire d'Hénin-Beaumont lors des municipales de 2014. "D'ores et déjà, nous avons fait appel, (...) Me Terquem peut vous montrer
cet appel, qui est suspensif. Donc, deux éléments : moi, je poursuivrai d'une
part cette volonté, cette recherche, cette quête de la vérité. Deuxième
élément, je suis candidat à Hénin-Beaumont
", a-t-il confirmé lors
d'une conférence de presse lundi après-midi. 

Candidat du FN pour ces futures élections, Steeve Briois, s'est félicité lundi de la décision du tribunal : "Voler les habitants pauvres d'Hénin-Beaumont, (...) c'est quelque chose de
profondément malhonnête. A (la) place (de M. Dalongeville), plutôt que de mener
une campagne, je commencerais par rembourser
", a-t-il déclaré.

"Pour nous, cette décision de justice est une satisfaction car la ville
d'Hénin-Beaumont a été spoliée" (Steeve Briois, candidat du Front
national aux municipales de 2014 ) 

Radié du Parti socialiste

La mise en examen de gérard Dalongeville, en avril 2009, soit un an après sa ré-élection face à Marine Le Pen, avait eu pour effet sa radiation du PS.

Dans un livre paru en février 2012, Rose Marfia (Jaboc-Duvernet), il avait dénoncé la corruption de tous les élus socialistes du Pas-de-Calais. Des accusations qu'il avait d'ailleurs assumées sur l'antenne de* France Info . Le 28 juin le parquet de Lille a ouvert une information judiciaire contre X suite à ces dénonciations. "La preuve que M. Dalongeville avait raison* " selon son avocat.

Il a récidivé lundi, lors de sa conférence de presse après l'énoncé du verdict, accusant l'ensemble de la fédération socialiste du Pas-de-Calais d'avoir bénéficié de l'argent des fraudes, certains membres du PS local en ayant même profité "à titre personnel ".

Selon Gérard Dagonville, la décision du tribunal de Béthune n'a qu'un seul but : "Il faut absolument me faire taire ".