La vie de famille d'Eric Sabatier, le père de Marina, a commencé par un mensonge. Elle se termine sur le banc des accusés. Cette semaine, nombre de témoins, famille et amis, se sont succédé devant la cour d'assises de la Sarthe, au Mans. Appuyés par le travail de deux enquêteurs de personnalité, ils ont tenté de dresser le portrait du père, accusé, avec sa femme, d'actes de tortures et de barbarie ayant entraîné la mort de leur fille. Jeudi 14 juin, il s'est expliqué devant la cour.

"Entre moi et ma femme, il y a toujours eu ce mensonge de l'achat de la maison"

Quand Eric Sabatier rencontre Virginie Darras, il s'invente, pour lui plaire, une vie, un travail, une maison. Il fait croire au notaire qu'il a le financement pour acheter une maison, mais il n'en est rien. Et son travail est une pure invention.

Quand le mensonge éclate quelque temps après leur mariage, Virgine Darras, enceinte de Marina, décide de quitter ce jeune mari mythomane. Elle reviendra finalement auprès de lui mais, à partir de cet instant, à chaque problème, elle lui rappelle cette histoire. "Entre moi et ma femme, il y a toujours eu ce mensonge de l'achat de la maison", confie-t-il au procès.

"Ma femme et moi, on s'énervait sur Marina, mais il n'y avait aucune raison"

"La petite, quoi qu'elle aurait pu faire, elle se faisait engueuler, alors elle restait bloquée là sans rien dire, admet Eric Sabatier. Ma femme et moi on s'énervait sur Marina, mais il n'y avait aucune raison."

Quand il frappait sa fille, "il me fallait deux ou trois jours pour réagir à ce que j'avais fait", avoue-t-il.

"Elle a une telle emprise sur moi que je préfère sortir de la pièce et faire autre chose"

"Ma femme a commencé avec des petites claques, des punitions, puis elle m'a dit de m'investir dans mon rôle de père, ça veut dire punir Marina", soutient Eric Sabatier.

Un soir, sa femme décide que la petite fille ne mangera pas. "J'avais préparé une soupe, elle a balancé la soupe dans l'évier, explique-t-il. J'ai laissé faire, j'ai pas réagi, j'ai laissé faire."

"Dès que je m'interposais entre ma femme et Marina, elle devenait hystérique." Il dit ne pas avoir osé intervenir car son épouse menaçait de partir avec les quatre enfants du couple. "Elle a une telle emprise sur moi que je préfère sortir de la pièce et faire autre chose", explique-t-il. Au quatrième jour du procès, devant les auditions filmées de sa fille, il déclare : "J'aurais préféré qu'elle parle."