"Les méchantes gens diront que vous êtes une petite Madoff en jupons…" La présidente de la cour d'appel de Paris ne cachait pas son ironie, début mars, lors de l’audience d’une ancienne gérante de portefeuille jugée pour avoir escroqué ses clients. Mercredi 11 avril, Michèle Elmaleh, 49 ans, a été condamnée à quatre ans de prison dont un ferme en seconde instance. 

Plus connue de ses anciens clients sous le nom de Claire Arfi, Michèle Elmaleh ajoute son nom à la liste de tous ceux qui ont été décrits comme de “petits Madoff”, du nom du financier américain condamné pour avoir escroqué des milliers d'investisseurs.

Tous sont accusés d’avoir grugé leurs clients en recourant à la chaîne de Ponzi, une arnaque pyramidale qui consiste à promettre des placements mirifiques aux clients et à les rémunérer avec les capitaux apportés par les nouveaux venus. Jusqu’à ce que le système s’effondre.

• La Madoff de Touraine promettait jusqu’à 30% d’intérêts

Le premier titre de Madoff en jupons" est revenu, en France, à Sylviane Hamon, surnommée "la Madoff de Touraine". Ex-employée de banque, elle est soupçonnée d’avoir soutiré près de trois millions d’euros à des dizaines de personnes de son entourage en leur promettant des placements pouvant rapporter entre 10% et 30% d’intérêts. Elle a été écrouée dans l’attente de son procès. Lorsque l’affaire a été médiatisée, en décembre 2011, sa maison a été cambriolée et incendiée, comme le rapporte L'Express

• En Bretagne, un trio aux réunions très lucratives

Trois hommes - deux originaires du Morbihan, dont un trader de 38 ans, et un autre de Pau - ont été placés en détention provisoire en février à Lorient (Morbihan). Ils sont suspectés d’avoir récolté 25 millions d'euros depuis 2005 en abusant de la crédulité de 200 personnes. Le trio aurait organisé des réunions lors desquelles ils persuadaient leurs victimes, originaires de Bretagne, des Pays de la Loire et du Sud-Ouest, de leur verser de 10 000 à un million d'euros, raconte Ouest France. Certaines auraient même été jusqu'à revendre leur maison.

• Dix ans de magouilles pour le Boulonnais

Serge Lévêque, un courtier en assurances de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, aurait détourné entre 8 et 10 millions d'euros entre 2001 et 2011, relate Le Figaro. Il a été placé en détention provisoire début janvier. Le courtier de 53 ans, qui s’était créé son réseau grâce à une longue expérience dans les assurances, proposait notamment à ses clients un placement à 12% dans une mine d’or du Burkina Faso. Au moins 72 plaintes auraient été déposées contre lui.

• Le Madoff lorrain voulait payer ses dettes

Jean-Marc Grieshaber, un mandataire en assurances de Metz (Moselle), est poursuivi pour avoir convaincu des dizaines de clients aisés de lui confier leur fortune. Le montant des sommes détournées pourrait atteindre 20 millions d’euros. Le sexagénaire a été placé en détention provisoire en mars. “Je leur promettais un rendement de l’ordre de 7%. Je me suis arrangé pour jongler avec les fonds afin de leur faire croire le plus longtemps possible que tout était réglo. Quand ils me demandaient de l’argent, je déshabillais l’un pour satisfaire l’autre, et ainsi de suite", a expliqué le suspect dans une interview au quotidien Le Républicain lorrain. L’homme nie toute volonté d’enrichissement personnel et dit avoir agi ainsi pour rembourser des dettes issues d’une escroquerie dont il dit avoir été lui-même victime.

• Le courtier du Var aurait floué 1 200 clients

Pendant deux ans, Fabrice Denizet, un courtier de Toulon, dans le Var, aurait promis à ses clients des placements avec des rendements miracles compris entre 15% et 20%. A la tête de sociétés de courtage, il aurait escroqué près de 1 200 personnes. L’assureur de 45 ans s’est trahi en voulant obtenir l'agrément de l'Autorité des marchés financiers, relate Le Figaro. Il a été placé en détention provisoire début février. Le montant total de l'escroquerie est estimé à 38 millions d'euros.

• Trois ans ferme pour l’escroc de Dijon

Gérald Lavalle, 54 ans, a été condamné à trois ans de prison ferme en janvier dernier à Dijon (Côte-d'Or), rapporte Le Figaro. Soixante-cinq victimes lui avaient confié des sommes allant de quelques milliers d'euros à 400 000 euros pour les faire fructifier. Parmi les clients floués figurent plusieurs femmes qui disent avoir eu une relation avec lui. Le préjudice s’élève à 1,9 million d’euros.