Le parquet financier ouvre une enquête sur le patrimoine de Marine Le Pen

L'enquête, qui visait initialement Jean-Marie Le Pen, a été étendue jeudi à la présidente du FN.

Marine Le Pen délivre ses vœux à la presse, le 7 janvier 2016 au siège du Front national à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Marine Le Pen délivre ses vœux à la presse, le 7 janvier 2016 au siège du Front national à Nanterre (Hauts-de-Seine). (LIONEL BONAVENTURE / AFP)
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Les ennuis se rapprochent de Marine Le Pen. Le parquet national financier a annoncé, jeudi 7 janvier, avoir ouvert une enquête préliminaire visant la présidente du Front national pour déclaration inexacte de patrimoine.

Le parquet se base sur des informations qui lui avaient été transmises par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Cette instance l'avait saisi le 21 décembre des cas de Marine Le Pen et de son père, Jean-Marie, soupçonnés d'avoir sous-évalué, dans leur déclaration en tant que députés européens, leur patrimoine détenu en commun. La présidente du FN avait aussitôt déposé un recours devant le Conseil d'Etat, qui a été rejeté.

"Après analyse, le parquet national financier a décidé, ce jour, de verser les éléments transmis par la HATVP dans l'enquête préliminaire" visant initialement Jean-Marie Le Pen, peut-on lire dans un communiqué du parquet national financier (PNF). "Le périmètre de l'enquête est, dès lors, étendu aux faits de déclaration inexacte de patrimoine à la HATVP concernant Madame Marine Le Pen", ajoute-t-il.

Jusqu'à trois ans de prison et 45 000 euros d'amende

Le cofondateur du FN, exclu en 2015 du parti par sa fille, est soupçonné de fraude fiscale aggravée, de blanchiment aggravé de fraude fiscale et de déclarations inexactes à la Commission pour la transparence de la vie politique et à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

Ce dernier organisme de contrôle leur reproche d’avoir sous-évalué leurs actifs respectifs, en l’occurrence des parts dans une société civile immobilière, pour les deux tiers de leur valeur. Cela représenterait plus de 1 million d’euros pour Jean-Marie Le Pen et plusieurs centaines de milliers d’euros pour sa fille.

La HATVP avait aussi évoqué une "sous-évaluation manifeste de certains actifs immobiliers détenus en commun" par Marine et Jean-Marie Le Pen, notamment leur propriété de Montretout à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine.

Le Code pénal punit d'une peine de trois ans de prison, de 45 000 euros d'amende et de dix ans d'inéligibilité le fait d'omettre de déclarer une partie substantielle de son patrimoine ou de fournir une évaluation mensongère.