L'affaire de bébés échangés à la maternité de Cannes devant la justice

Le tribunal de Grasse juge une affaire incroyable ce mardi. Il y a 20 ans, deux bébés ont été échangés à la naissance à Cannes. Les deux familles ont assigné en responsabilité la maternité, aujourd’hui fermée.

(Sophie serrano, la maman et sa fille Manon échangée à la naissance avec un autre bébé © Maxppp)
Radio France

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Le procès d’une histoire hors du commun. Ce mardi, le tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes) étudie l’affaire d’un échange de bébés. En 1994, il y a 20 ans, deux petites fillettes ont été échangées à la maternité de Cannes La Bocca. L'une des deux mamans, qui vit à Thorenc au-dessus de Grasse, se bat depuis plusieurs années pour que cette erreur soit reconnue par la justice. Elle est défendue par le très médiatique Me Gilbert Collard.

 

L’affaire a été révélée il y a une dizaine d'années grâce à un test de paternité demandé par l’une de deux familles qui avait de sérieux doutes. En effet, l'une des petites filles est plutôt métisse et l'autre a la peau claire. Une enquête pour substitution d'enfant a été ouverte et a démontré que les deux petites filles ont été échangées par erreur la nuit du 8 au 9 juillet 1994, ce que la clinique reconnaît. Elles ont été placées dans un même berceau pour être soignées ensemble d'une jaunisse mais elles ne portaient pas de bracelet d'identification, ce qui représente une lourde erreur. 

12 millions d’euros

Une plainte est déposée mais aucune infraction "pénale" n'est relevée. L'échange a totalement bouleversé la vie de ces deux enfants et de leurs familles. Elles n'ont pas souhaité modifier leur situation familiale mais après des années de procédure, les deux familles qui ont assigné en responsabilité la maternité (les deux médecins accoucheurs, deux pédiatres et une auxiliaire puéricultrice) demandent 12,2 millions d’euros de dommages et intérêts, soit 6,880 millions pour chaque famille.  

 

La clinique de Cannes La Bocca, qui est aujourd'hui fermée, a reconnu les faits. Pour Claude Chasse, l'avocat de l'établissement, il y a bien eu erreur humaine, mais les mamans ont aussi leur part de responsabilité.