Hollande accorde une "remise gracieuse" de peine à Jacqueline Sauvage

François Hollande a accordé à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, une "remise gracieuse de sa peine d'emprisonnement" qui lui "permet de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle".

(Jacqueline Sauvage va pouvoir présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle © MaxPPP)
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François Hollande a tranché. Le président de la République a accordé à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, une "remise gracieuse de sa peine d'emprisonnement" qui lui "permet de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle".

Sur France info, sa fille Carole a exprimé sa joie : "Je suis très heureuse : nous allons pouvoir enfin récupérer notre mère…Quand ma mère apprendra la nouvelle dans sa cellule, je pense qu’elle sera euphorique. Je me souviendrai de cette date ! "

"Nous allons enfin pouvoir récupérer notre mère !" - Carole, une des filles de Jacqueline Sauvage
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Une "situation humaine exceptionnelle"

Ce dimanche, un communiqué de l’Elysée explique ainsi que "Le président de la République a voulu, face à une situation humaine exceptionnelle, rendre possible, dans les meilleurs délais, le retour de Mme Sauvage auprès de sa famille". La présidence précise que  la remise de peine "de 2 ans et 4 mois" portait aussi sur "l'ensemble de la période de sûreté qu'il lui reste à accomplir". Sans la décision de François Hollande, qui n'efface pas sa condamnation, elle ne serait sortie de prison qu'en 2020.

"Le président a voulu signifier que cette situation exceptionnelle méritait cette grâce. Tout en respectant l’autorité judiciaire, cela permettra à cette femme de retrouver les siens. ", a expliqué dans la foulée sur France info Pascale Boistard, secrétaire d'État chargée des Droits des femmes.

"Il faut saluer la mobilisation de la famille et de son comité de soutien" - Pascale Boistard
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Une pétition avait recueilli 400.000 signatures

Le 3 décembre, la cour d'assises du Loir-et-Cher avait confirmé en appel la condamnation à 10 ans de réclusion de la mère de famille, reconnue coupable d'avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012, après 47 ans d'enfer conjugal. La condamnation avait provoqué un tollé dans l'opinion publique et notamment les défenseurs des droits des femmes, tandis que l'entourage de François Hollande avait rappelé que ce dernier n'était pas, par principe, favorable à la grâce présidentielle. Une pétition lancée par le comité de soutien de Jacqueline Sauvage avait recueilli près de 400.000 signatures.

La condamnation reste inscrite au casier judiciaire

La grâce présidentielle, ancien droit régalien des anciens rois de France, s'apparente à une suppression ou à une réduction de la peine. La mesure doit être contresignée par le garde des Sceaux. La condamnation reste inscrite au casier judiciaire et diffère ainsi de l'amnistie.