CARTE. Francis Heaulme : sur les traces du "routard du crime"

Le tueur, dont le procès pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz débute mardi, a déjà été reconnu coupable de neuf meurtres commis entre 1984 et 1992. Mais son nom a été cité dans de nombreuses autres affaires criminelles.  

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Catherine FournierFrance Télévisions

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Certains le comparent à Joseph Vacher, ce tueur en série itinérant de la fin du XIXe siècle. Avant d'être arrêté en janvier 1992, Francis Heaulme traverse au moins 37 départements français en huit ans. Au cours de son périple, "le routard du crime", dont le procès pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz (Moselle) débute mardi 25 avril, commet plusieurs "pépins", euphémisme qu'il emploie pour parler de ses meurtres : il a été condamné pour neuf homicides, dont deux fois à la perpétuité.

Franceinfo a listé au moins huit autres affaires dans lesquelles le nom de Francis Heaulme, 55 ans, a été cité ou pour lesquelles il a été renvoyé devant la justice. Le meurtre des petits Cyril et Alexandre à Montigny, le 28 septembre 1986, en fait partie.

C'est à partir des traces laissées sur son passage que l'ex-gendarme Jean-François Abgrall, aujourd'hui détective privé, reconstitue son parcours macabre : séjours dans des foyers Emmaüs, hospitalisations à répétition, procès-verbaux pour défaut de billet dans le train, contrôles pour ivresse sur la voie publique et bagarres... Le vagabond alcoolique ne prend guère de précautions pour passer inaperçu. Entre 1984 et 1992, la cellule de gendarmerie chargée de retracer son itinéraire le repère dans 400 endroits différents.

"Il est trop facile de lui coller sur le dos tous les crimes"

"A l'époque, j'avais des crises, je sentais ça monter en moi. Je marchais vite. Personne ne pouvait me suivre, je peux marcher des jours entiers..." confie Francis Heaulme à Jean-François Abgrall. "Francis Heaulme est en perpétuel mouvement. C'est presque impensable : entre les seuls mois d'avril et mai de l'année 1990, il est passé à Cambrai, Lunéville, Metz, Pont-à-Mousson, Verdun, Lens, Berck-sur-Mer, Trouville-sur-Mer, Mortain, Lanmeur, Lorient, Tarnos et Bayonne", énumère l'enquêteur dans son livre Dans la tête du tueur (Albin Michel). 

Partout en France, des enquêteurs relancent des affaires inexpliquées en tentant de vérifier le parcours de Francis Heaulme. Après le premier meurtre pour lequel Francis Heaulme est confondu, celui d'Aline Peres en mai 1989 près de Brest (Finistère), une cinquantaine d'affaires non résolues sont ressorties pour des comparaisons.

Francis Heaulme lors de la reconstitution du double meurtre de Montigny-lès-Metz (Moselle), le 3 octobre 2006. 
Francis Heaulme lors de la reconstitution du double meurtre de Montigny-lès-Metz (Moselle), le 3 octobre 2006.  ( MAXPPP)

Le colosse dégingandé avoue certains crimes, avant de se rétracter. Brouille les pistes, mélange les affaires, dessine des croquis très précis des scènes de crime. Il s'accuse parfois à tort, comme pour le meurtre d'un ancien légionnaire à Courthézon (Vaucluse) en 1989. L'enquête a permis d'établir qu'il ne pouvait pas être présent sur les lieux. Pour son ex-avocat, Pierre Gonzalez de Gaspard*, "il est trop facile de vouloir lui coller sur le dos tous les crimes commis ces dernières années sur les routes de France".

* Pierre Gonzalez de Gaspard est mort en août 2014, quatre mois après la première publication de cet article.