Des salariés de l'usine Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône) occupent à nouveau les lieux depuis vendredi 11 mai 2012.
Des salariés de l'usine Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône) occupent à nouveau les lieux depuis vendredi 11 mai 2012. (BORIS HORVAT / AFP)

Les Fralib devront stopper l'occupation de leur usine au 1er juin. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille a ordonné, mercredi 16 mai, l'expulsion à cette date des salariés qui occupent depuis vendredi leur usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône). Ils protestent depuis plusieurs mois contre la volonté d'Unilever de fermer cette filiale productrice de thés Lipton et Elephant, jugée insuffisamment rentable. 

"Si le juge nous a donné jusqu'au 1er juin, c'est qu'il a voulu donner une ouverture à la négociation", interprète Gérard Cazorla, secrétaire (CGT) du comité d'entreprise du site, rappelant que d'habitude, "les décisions d'expulsion sont prononcées immédiatement". Lors de l'audience, ce dernier a dit "espérer que le gouvernement entre vite en action et s'occupe de [leur] dossier". Et d'ajouter que François Hollande leur avait apporté son soutien à plusieurs reprises.

Une "opération commando"

Pour la direction de Fralib (groupe Unilever), "la justice a fait prévaloir la force de la loi sur la loi de la force". Elle assure par ailleurs qu'"au-delà de cette affaire, [sa] préoccupation est le reclassement et la recréation d'emplois locaux", a affirmé la porte-parole. 

Des salariés de Fralib ont réinvesti le site vendredi, au 592e jour du conflit. Une "opération commando", avait estimé Bruno Witvoët, le président d'Unilever France, qui avait réclamé l'expulsion immédiate des occupants, si besoin en faisant appel à la force publique.