Un psychothérapeute parisien, accusé par deux anciens patients de les avoir manipulés mentalement, leur créant notamment de faux souvenirs traumatisants, a été reconnu coupable d'abus de faiblesse, mardi 12 juin. Il a été condamné à un an de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris.

Benoît Yang Ting, 76 ans, devra verser 100 000 euros et 50 000 euros de dommages-intérêts aux deux anciens patients qui s'étaient constitués parties civiles. Le parquet l'avait qualifié de "charlatan". L'épouse du thérapeute, également poursuivie, n'a pas été condamnée.

"Il n'y a rien de thérapeutique dans ce que fait M. Yang Ting", avait conclu le ministère public. Il avait requis, le 12 avril, dix-huit mois de prison avec sursis et 100 000 euros d'amende. Les deux anciens patients, Sophie Poirot, aujourd'hui avocate, et Bernard Touchebeuf, chef d'entreprise, avaient versé au thérapeute respectivement 238 000 euros et 750 000 euros.

"La thérapie de Yang Ting, c'est l'argent et le sexe"

Les méthodes thérapeutiques dénoncées impliquaient pour les patients de se déshabiller intégralement et de revivre, pendant de très longues sessions éprouvantes, des souffrances soi-disant enfouies. La thérapie les amenait, aussi, selon eux, à se créer de faux souvenirs d'expériences traumatiques.

"La thérapie de Yang Ting, c'est l'argent et le sexe, il n'y a que ça", avait assuré Sophie Poirot, l'accusant d'avoir fait d'elle son "objet sexuel". Elle avait notamment expliqué comment une patiente pouvait arriver à se persuader que son propre père l'avait "violée". "Quand ma mère était morte, j'avais 16 ans. Mon père m'avait prise dans ses bras, c'était quand même normal. Mais M. Yang Ting demandait : 'est-ce que votre père n'avait pas de désir ?', ça avait commencé comme ça", avait-elle raconté.

Le thérapeute n'avait assisté à aucune des audiences, pour raisons de santé. Mais la présidente du tribunal avait lu à haute voix ses procès-verbaux d'audition. Il y évoquait "une conspiration"