De l'air pour Eric Zemmour. Noyé dans une polémique portant sur ses propos concernant la ministre de la Justice, Christiane Taubira, le chroniqueur de RTL pourrait bénéficier d'une relaxe dans le procès intenté pour diffamation par l'ancien président du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Patrick Lozès. Lors de l'audience, mardi 29 mai, en l'absence d'Eric Zemmour, le parquet a estimé que les éléments caractérisant une diffamation n'étaient "pas réunis", reléguant l'affaire à une "escroquerie intellectuelle (...) qui ne tombe pas sous le coup de la loi pénale"

• Pourquoi Eric Zemmour est-il poursuivi ?

Les faits, rapportés par le plaignant sur son blog, remontent à 2008. A l'époque, Eric Zemmour publie dans l'hebdomadaire Vendredi un article dans lequel il affirme que Patrick Lozès a déclaré : "Obama est notre président". Pour le journaliste, cette phrase "prouve que la solidarité raciale, pardon espéciale, est supérieure à ses yeux énamourés à la solidarité nationale".

Après quatre années de procédure, Patrick Lozès a affirmé mardi devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris que "les propos qui [lui] sont prêtés n'ont pas été tenus". Une citation non vérifiée donc, utilisée par celui "qui a quitté depuis longtemps le statut de journaliste pour celui d'acteur politique". Pour l'ancien président du Cran, Eric Zemmour est "un bras armé du Front national, avec une collusion entre ses thèses et l'idéologie frontiste".

• Pourquoi Eric Zemmour était-il absent ?

"Par souci d'apaisement", selon son avocat, Olivier Pardo, qui fait référence au contexte difficile pour le polémiste. Interrogé par FTVi peu avant l'audience, le conseil d'Eric Zemmour s'est dit confiant dans l'issue du procès, car "le procureur va plutôt dans notre sens". Il a par ailleurs souligné l'intention d'Eric Zemmour de "ne pas servir de courte-échelle pour Patrick Lozès", candidat aux législatives dans la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis. 

"C'est dans le droit fil de sa stratégie, a confié Patrick Lozès à FTVi. Il provoque mais il n'assume pas sa responsabilité. Cette affaire est symbolique de son actualité."

• Pourquoi le procureur réclame-t-il la relaxe ? 

"On comprend l'agacement et la révolte de Patrick Lozès, mais les éléments caractérisant une diffamation ne sont pas réunis, a observé le procureur à l'audience. On est dans le débat d'idées, qui ne tombe pas sous le coup de la loi pénale."

Le fait de s'appuyer sur une citation non avérée relève d'une "escroquerie intellectuelle", a reconnu le parquet, mais ni la citation ni l'analyse qui la suit ne porteraient atteinte à l'honneur ou à la considération de Patrick Lozès.

Jugée par la même chambre qui avait condamné Eric Zemmour en février 2011 pour provocation à la discrimination raciale, l'affaire a été mise en délibéré au 3 juillet.