Détenus radicalisés : que prévoit le plan du gouvernement ?

Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a annoncé la fin des cinq unités dédiées aux détenus radicalisés en France, au profit d'une prise en charge davantage axée sur la sécurité.

Dans l'unité dédiée aux détenus radicalisés de la maison d'arrêt d'Osny (Val-d'Oise), le 25 août 2016.
Dans l'unité dédiée aux détenus radicalisés de la maison d'arrêt d'Osny (Val-d'Oise), le 25 août 2016. (MAXPPP)
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Terminé les cinq unités dédiées pour détenus radicalisés, place aux quartiers d'évaluation de la radicalisation. Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, a annoncé, mardi 25 octobre, la fin de ces unités, au profit d'une prise en charge davantage axée sur la sécurité.

Elles avaient ouvert fin janvier, après le lancement d'un programme national décidé après les attentats de janvier 2015. Mais, début septembre, un détenu placé dans l'unité d'Osny (Val-d'Oise) avait violemment agressé deux surveillants, remettant en cause l'efficacité de ce dispositif.

Le garde des Sceaux, qui ne veut pas parler de "déradicalisation", met ainsi un terme à l'expérimentation menée à Fresnes, Fleury-Mérogis, Osny et Lille-Annœullin. Voici à quoi devrait ressembler le nouveau dispositif.

Six quartiers d'évaluation de la radicalisation

Six "quartiers d'évaluation de la radicalisation" (quatre en région parisienne, un dans la région de Bordeaux et un dans la région de Marseille) accueilleront 120 détenus au total, pour une durée de quatre mois. Le ministre n'a pas listé les prisons concernées et on ignore sous quelle forme se déroulera cette "évaluation". Mais elle doit permettre d'orienter les détenus vers la prise en charge la mieux adaptée.

Pour le reste, 27 établissements répartis sur tout le territoire mettront en place une "prise en charge spécifique" pour des détenus radicalisés, mais ne présentant pas une dangerosité maximale. 

En France, 349 personnes, déjà condamnées ou en attente de procès, sont détenues pour des faits en relation avec le terrorisme. Au total, les prisons françaises comptent 1 336 détenus considérés comme "radicalisés", le plus souvent incarcérés pour des faits de droits commun.

Un régime sévère pour les profils les plus durs

Les quelque 300 profils identifiés comme les "plus durs" seront soumis à un régime de détention particulièrement sévère, proche de l'isolement. Ils seront fouillés et déplacés plus régulièrement, et feront leur promenade en tout petits groupes, à l'écart des autres détenus.

Une sous-direction dédiée à la sécurité en prison

De manière générale, le ministre veut remettre à plat la question de la sécurité en prison : il va créer une sous-direction dédiée à cette question, renforcer le "renseignement pénitentiaire", créer des "équipes de sécurité" mieux coordonnées et armer les agents réalisant des missions extérieures, une revendication syndicale de longue date.

Le ministre a indiqué qu'il avait dû activer six fois depuis son arrivée à la Chancellerie en début d'année une "cellule de crise" pour gérer des incidents en prison.