Jérôme Kerviel (D) et son avocat, David Koubbi, arrivent à la cour d'appel de Paris, le 27 juin 2012.
Jérôme Kerviel (D) et son avocat, David Koubbi, arrivent à la cour d'appel de Paris, le 27 juin 2012. (BERTRAND GUAY / AFP)

Jérôme Kerviel serait "pervers et manipulateur", selon l'avocat général Dominique Gaillardot. Le magistrat a donc requis cinq ans de prison ferme et l'interdiction d'exercer un métier en rapport avec la finance, mercredi 27 juin, contre l'ancien trader Jérôme Kerviel, rejugé pour une perte record début 2008 à la Société générale. "Votre décision sera exemplaire et dissuasive", a déclaré Dominique Gaillardot devant la cour d'appel de Paris.

Lundi, les avocats de la Société générale ont demandé à la cour d'appel de confirmer la première condamnation de l'ancien trader : 4,9 milliards de dommages et intérêts, le montant des pertes enregistrées par la banque, une somme astronomique impossible à rembourser. Il avait aussi été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme.

Il est reproché à l'ancien trader d'avoir pris à l'insu de sa hiérarchie pour 50 milliards d'euros de positions spéculatives sur des indices boursiers, dissimulées par des opérations fictives, de faux courriels et des mensonges.

S'il n'a jamais nié avoir perdu le sens des réalités, le prévenu affirme que ses supérieurs savaient ce qu'il faisait et l'encourageaient. Lors de son procès en appel, il s'est dit victime d'une machination : la Société générale l'aurait utilisé pour masquer ses pertes dues aux "subprimes", les crédits hypothécaires à l'origine de la crise financière de 2008. Version que devait confirmer un témoin de dernière minute, qui a finalement laissé la cour sceptique.