L'étau judiciaire se resserre sur Nicolas Sarkozy dans l'affaire de l'attentat de Karachi. Selon Le Monde.fr, l'avocat des familles de victimes, Me Olivier Morice, a déposé plainte, lundi 18 juin, contre l'ancien président de la République pour "violation du secret de l'enquête et de l'instruction" et "violation du secret professionnel". Cette plainte vise également deux proches de l'ex-président : Franck Louvrier, ancien chargé de communication de Nicolas Sarkozy, et Brice Hortefeux, ex-ministre de l'Intérieur.  

• Un communiqué mis en cause

Selon le quotidien, la plainte concerne un communiqué diffusé par l'Elysée, le 22 septembre 2011. La presse évoquait alors "l'éventuelle implication de l'ex-chef de l'Etat dans le volet financier de l'affaire de Karachi", ce qu'avait nié Nicolas Sarkozy. Or un communiqué de la présidence assurait notamment que "s'agissant de l'affaire dite de Karachi, le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier" ou encore qu'il n'avait "jamais été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier".

Dans cette plainte avec constitution de partie civile, deux familles de victimes pointent que "les faits sont extrêmement graves sur le plan des principes lorsque l'on rappelle avec force qu'en application de l'article 64 de la Constitution : 'le Président de la République est garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire'". En clair, la présidence n'avait pas à connaître le contenu d'un dossier d'instruction. Le communiqué de septembre 2011 semble pourtant prouver que c'était le cas.

"Un tel comportement est au surplus indiscutablement de nature à caractériser un manquement à ses devoirs de Président, bien loin de la République irréprochable qu'il n'a cessé de revendiquer depuis 2007", estime l'avocat des deux familles, Me Olivier Morice, dans la plainte.

• Nicolas Sarkozy, un justiciable ordinaire

Depuis vendredi 15 juin, Nicolas Sarkozy peut être poursuivi. Il a effet cessé ses fonctions à la tête de l'Etat depuis un mois. L'ancien président de 57 ans peut répondre aux convocations des magistrats enquêtant sur des affaires où son nom est cité. Il a d'ailleurs pris les devants dans l'affaire Bettencourt, en adressant une copie de son agenda de 2007 pour démontrer qu'il n'avait pu se rendre chez André Bettencourt.

• Une précédente plainte

Une première plainte, visant les conseillers de la présidence de la République, avait été déposée par les familles le 26 septembre 2011 et classée sans suite par le parquet le 21 décembre. Le Monde rappelle que le 4 janvier, le procureur de Paris avait justifié : "Aucune enquête n'a été ordonnée à propos du communiqué de presse du 22 septembre 2011, dès lors que ce communiqué a été publié au nom du président de la République." A l'époque, Nicolas Sarkozy était protégé par son immunité.