Affaire Grégory : ce que l'on sait des cinq interpellations survenues 32 ans après les faits

Elles ont eu lieu, mercredi matin, dans les Vosges, a annoncé la gendarmerie à franceinfo.

Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984.
Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984. (MARCEL MOCHET / AFP)
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Il s'agit de l'une des grandes affaires criminelles françaises non résolues du XXe siècle. Le petit Grégory a été retrouvé mort, le 16 octobre 1984, pieds et poings liés dans les eaux froides de la Vologne (Vosges). Trente-deux ans après, l'affaire est relancée. Cinq personnes ont été interpellées dans les Vosges, a annoncé la gendarmerie à franceinfo, mercredi 14 juin, confirmant une information de L'Est républicain. Franceinfo détaille ce que l'on sait de ces arrestations.

Qui sont les personnes interpellées ?

Les suspects ont été interpellés par les gendarmes de la section de recherches de Dijon (Côte-d'Or), mercredi, dans un petit village du secteur de Bruyères, dans le département des Vosges. Il s'agit de membres de la famille de l'enfant, ont indiqué des sources proches du dossier à franceinfo. Trois personnes sont en garde à vue :

Ginette Villemin est la tante de Grégory. C'est la belle-sœur de Jean-Marie Villemin, le père de l'enfant.

Marcel Jacob est le grand-oncle de Grégory. C'est le frère de Monique Villemin, la grand-mère de l'enfant.

Jacqueline Jacob, est la grande-tante de Grégory. C'est l'épouse de Marcel Jacob

Deux personnes sont entendues en audition libre. Il s'agit de Monique Villemin, mère de Jean-Marie Villemin et grand-mère de Grégory, et de Albert Villemin, époux de Monique, et grand-père de Grégory.

Pour y voir plus clair, voici un arbre généalogique.

Schéma des membres de la famille Villemin impliqués dans l\'enquête sur le meurtre du petit Grégory.
Schéma des membres de la famille Villemin impliqués dans l'enquête sur le meurtre du petit Grégory. (ANSELME CALABRESE / FRANCEINFO)

Pour quels motifs ont-elles été arrêtées ?

Le procureur général de la cour d'appel de Dijon a indiqué que les personnes en garde à vue ont été interpellées sur commission rogatoire. D'après L'Est Républicain, elles sont soupçonnées de "complicité d’assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d’empêcher un crime". Toujours selon les informations du quotidien régional, certains noms figurent depuis longtemps dans le dossier.

"Les interpellations récentes, qui visent des personnes très proches du cœur de l’affaire, ont pour but d’éclaircir certains points et d’apporter des réponses à des questions posées, parfois de longue date, par des zones d’ombre de la procédure", expliquent le parquet de Dijon et la gendarmerie de la section de recherches de la ville, dans un communiqué.

Les autorités ajoutent que des avancées ont été réalisées grâce à "des documents privés, confiés par certains acteurs importants du dossier et relatifs notamment à la conduite des investigations", expliquent-elles sans davantage de détails. Ils "ont été exploités pour mieux comprendre la manière dont les différentes phases d’enquête successives se sont déroulées".

Pourquoi est-ce si important ?

Depuis 1984, l'affaire a connu de multiples rebondissements. L'énigme a passionné l'opinion et déchaîné les médias. "Au bout du compte, si l'on fait abstraction du drame vécu par les parents – mais le peut-on vraiment ? –, l'affaire Grégory restera dans la mémoire du siècle comme une forme moderne de procès en sorcellerie et un cas exemplaire de surenchère médiatique", estimait l'émission "Faites entrer l'accusé", sur France 2.

Bernard Laroche, un parent, avait été mis en examen pour le meurtre, puis libéré, en raison d'erreurs de procédure notamment. Il a ensuite été abattu par le père de l'enfant avant que la mère, Christine Villemin, soit elle-même poursuivie. La cour d'appel de Dijon l'a finalement innocentée en 1993.

Le dossier a été rouvert à plusieurs reprises, en 2000-2001, 2008 et 2010, pour réaliser des analyses ADN de pièces du dossier. Ces expertises n’ont pas abouti mais ont permis de maintenir le dossier ouvert. "Ça bouge beaucoup [dans le dossier]", a commenté Thierry Moser, avocat des parents du petit Grégory, auprès de Reuters.