Accusé d'antisémitisme, le dessinateur Siné attaque Bernard-Henri Lévy en diffamation

Le caricaturiste n'a pas apprécié une chronique du philosophe, parue en janvier dans "Le Point". Ce dernier l'avait présenté comme un ancien de "Charlie Hebdo" "viré pour antisémitisme et racisme" en 2008.

Le dessinateur Siné lors de son procès, le 27 janvier 2009 à Lyon (Rhône), après une chronique parue l'année précédente dans "Charlie Hebdo".
Le dessinateur Siné lors de son procès, le 27 janvier 2009 à Lyon (Rhône), après une chronique parue l'année précédente dans "Charlie Hebdo". (PHILIPPE MERLE / AFP)
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Le caricaturiste Siné a porté plainte en diffamation contre Le Point et Bernard-Henri Lévy, qui l'avait accusé d'antisémitisme dans une chronique publiée en janvier. Maurice Sinet, alias Siné, 87 ans, reproche au philosophe de l'avoir présenté comme "un ancien de Charlie [Hebdo], viré pour antisémitisme et racisme". Son journal, Siné Mensuel, a publié un communiqué, lundi 29 février.

Siné, pourtant peu susceptible, en a plus que marre des insultes obsessionnelles (raciste, antisémite) proférées à la moindre occasion et dans tous les médias par Bernard-Henri Lévy (...) Il a décidé de le poursuivre pour injures et diffamation.

Communiqué

"Siné Mensuel"

Ancienne figure historique de Charlie Hebdo, Siné appelle également ses soutiens à signer une pétition, dans cet énième épisode de la bataille judiciaire qui a marqué sa carrière.

Une affaire qui remonte à 2008

"Monsieur Siné peut raconter ce qu'il veut et faire tous les procès du monde. Rien n'effacera la honte des propos tenus, en 2008, sur la 'fiancée juive' du fils de Sarkozy", a répondu Bernard-Henri Lévy. Après cet épisode, Siné avait été licencié de Charlie Hebdo par son rédacteur en chef, Philippe Val. Il lui était reproché d'avoir ironisé, dans une chronique, sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy.

Journalistes et intellectuels s'étaient alors divisés entre pro-Val et pro-Siné. Poursuivi par la Licra pour "incitation à la haine raciale", le dessinateur avait finalement été relaxé, car le tribunal avait considéré que ses propos tenaient de la satire et non de l'antisémitisme.