A la prison de Nanterre, les détenus invités à signer une décharge pour "dormir sur un matelas par terre"

L'information, révélée par le "Canard enchaîné", a été confirmée par le directeur de l'établissement à francetv info. 

L'entrée de la maison d'arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine) le 25 avril 2014.
L'entrée de la maison d'arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine) le 25 avril 2014. (THOMAS SAMSON / AFP)

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"J'ai été informé de la surpopulation pénale à la maison d'arrêt, et accepte de dormir sur un matelas par terre pour mon affectation en bâtiment A/B." Voici la formule qu'étaient invités à signer les détenus de la prison de Nanterre (Hauts-de-Seine), jusqu'à ce qu'un article du Canard Enchaîné révèle l'initiative, mercredi 27 janvier.

Selon l'hebdomadaire, l'établissement pénitentiaire a mis en place cette décharge afin de se prémunir contre les recours des détenus contre des "conditions de détention inhumaines et dégradantes". Des recours susceptibles d'entraîner une condamnation de l'Etat français, par la Cour européenne des droits de l'homme, au paiement de dommages et intérêts qui commencent à lui coûter cher. 

1 050 détenus pour 592 places

"Il ne s'agissait pas du tout de se prémunir de quoi que ce soit", assure Jimmy Delliste, directeur de la maison d'arrêt de Nanterre et secrétaire général de FO Direction, principal syndicat des directeurs de prisons. S'il confirme à francetv info l'existence de ce bulletin, il souligne qu'il s'agit d'une initiative "bienveillante" des "officiers responsables des bâtiments d'hébergement A et B"

"Notre établissement est très chargé, avec 1 050 détenus pour 592 places", rappelle Jimmy Delliste, qui dit regretter de ne pas avoir été contacté par Le Canard enchaîné. 

Beaucoup de détenus sont bloqués au quartier des arrivants et s'en plaignent. Les officiers ont donc décidé de mettre en place ce système pour les prévenir de ce qui les attendait s'ils quittaient ce quartier.

Jimmy Delliste, directeur de la maison d'arrêt de Nanterre

à francetv info

Le directeur de la prison insiste : ce souci de transparence part d'un "bon sentiment", et s'inscrit dans une démarche qui vise à établir une "bonne relation avec la population pénale". Pour autant, Jimmy Delliste a donné consigne de mettre fin à la signature de ces bulletins, pour couper court à la polémique. Selon lui, cette initiative "traduit avant tout la vérité", à savoir une surpopulation pénale persistante "malgré la loi sur la contrainte pénale de Christiane Taubira"