Dans l'Arkansas, les femmes ne pourront pas avorter sans l'accord du père de l'enfant

La loi, qui devrait entrer en vigueur fin juillet, ne prévoit pas d'exception en cas de viol ou d'inceste. 

Manifestation pro-avortement devant la cour surpême à Washington (Etats-Unis), le 2 mars 2016. 
Manifestation pro-avortement devant la cour surpême à Washington (Etats-Unis), le 2 mars 2016.  (SAUL LOEB / AFP)
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Les habitantes de l'Arkansas ne pourront bientôt plus se passer de l'autorisation d'un homme pour décider du sort de leur fœtus. L'Etat de l'Arkansas (Etats-Unis) a adopté une loi qui empêche les femmes d'obtenir des avortements sans l'autorisation du père de leur enfant. Ce texte, qui doit entrer en vigueur à compter du dimanche 30 juillet, établit qu'un fœtus mort doit être considéré comme un membre de la famille décédé.

A ce titre, le texte considère que les deux parents ont des droits égaux concernant le sort du fœtus. Le père pourra donc bloquer tout avortement en portant plainte contre les médecins et aucune exemption n'est prévue en cas d'inceste ou de viol. Les mineures devront, elles, obtenir l'autorisation de leurs parents.

Le pères pourront empêcher les avortements 

"Il était là à la conception, et devrait l'être pendant toute la procédure", a justifié, auprès de Bustle, le républicain Kim Hammler, parrain de ce projet de loi. Le texte interdit aussi purement et simplement les avortements chirurgicaux, à savoir par aspiration. Le recours à cette méthode sera désormais passible d'une amende de 10 000 dollars et de six ans de prison.

Or, "l'avortement par aspiration est la méthode la plus commune dans le monde pour les avortements pendant le deuxième trimestre", explique Laura McQuade, présidente du Planning familial dans la région des Grandes Plaines, rapporte The Daily Beast. Cette procédure a été utilisée pour 683 des 3 771 avortements effectués dans l'Arkansas en 2015, rapporte d'ailleurs The Independent

Des associations organisent la bataille législative

Des associations, comme l'American Civil Liberties Union (ACLU), se sont indignées de cette restriction au droit d'avorter. "Chaque jour, des femmes en Arkansas, et tout autour des Etats-Unis, doivent se battre pour avoir accès aux soins dont elles ont besoin et les législateurs imposent de nouvelles manières de fermer les cliniques et de rendre l’avortement impossible", a condamné l'ACLU dans un communiqué.

L'association et le Center for Reproductive Rights tentent désormais de geler la loi. Ils l'ont contestée devant la Cour de justice fédérale et essaient de bloquer son entrée en vigueur d'ici à ce qu'un jugement soit rendu, explique NBC.

"Il n'y a aucune partie de moi qui comprend pourquoi un violeur ou n'importe quelle personne qui a rendu une femme enceinte contre son gré aurait un quelconque droit dans cette décision", s'est insurgée Karen Musick, la co-fondatrice de l'Arkansas Abortion Support Network, dans une interview au Daily Beast. "Je n'arrive pas à concevoir que quiconque puisse penser différemment".

*Tous les liens de cet article sont en anglais