Ils veulent appeler leur fille "Nutella", la justice refuse

Les juges ont estimé que ce prénom risquait de porter préjudice à l'enfant. 

La justice a refusé à des parents le droit de prénomer leur fille "Nutella", selon "La Voix du Nord", le 24 janvier 2015.
La justice a refusé à des parents le droit de prénomer leur fille "Nutella", selon "La Voix du Nord", le 24 janvier 2015. (MAXPPP)
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Elle s'appellera finalement "Ella". A Valenciennes (Nord), des parents se sont récemment vu refuser devant le tribunal le droit d'appeler leur enfant "Nutella", rapporte La Voix du Nord, samedi 24 janvier. Le choix de ce prénom, fin septembre, avait interpellé l'officier d'état civil de Valenciennes, qui avait saisi le juge des affaires familiales.

En l'absence des parents à l'audience, fin novembre, le juge a donc choisi de renommer l'enfant "Ella", estimant que le prénom "Nutella" était "contraire à l'intérêt de l'enfant", puisqu'il risquait d'"entraîner des moqueries ou des réflexions désobligeantes".

Même sort pour un second couple, qui vit à Raismes (Nord), près de Valenciennes, et qui voulait appeler "Fraise" sa petite fille, née le 17 octobre. Le tribunal a jugé lundi 19 janvier que ce prénom "serait nécessairement à l'origine de moquerie notamment l'utilisation de l'expression 'ramène ta fraise', ce qui ne peut qu'avoir des répercussions néfastes sur l'enfant". Résultat : la fillette s'appellera finalement "Fraisine", un prénom utilisé au 19e siècle, et pour lequel la justice a donné son feu vert.

En 2009, un petit "Titeuf" avait dû changer de nom

Sur son site, La Voix du Nord rappelle qu'en France, les parents sont libres de choisir le prénom qu'ils veulent pour leur enfant. Mais si, au moment de la déclaration de naissance, et en vertu de l'article 57 du Code civil, l'officier d'état civil juge que le prénom peut nuire à l'enfant, il est tenu d'en avertir le procureur de la République, qui a alors la possibilité de saisir un juge des affaires familiales. 

En 2009, un petit "Titeuf" avait ainsi été contraint de changer de prénom, lui aussi, le juge estimant que celui-ci risquait de "constituer un réel handicap pour l'enfant devenu adolescent, puis adulte, tant dans ses relations personnelles que professionnelles". En revanche, après une longue bataille juridique, la cour d'appel de Rennes avait autorisé en 2000 le couple Renaud à appeler sa petite fille "Mégane", en dépit de l'automobile du même nom.