Hommage aux "morts de la rue" à Paris : "On perd 30 ans d'espérance de vie en vivant dans la rue"

Un hommage aux 501 sans-abris décédés dans la rue a lieu mardi à Paris. Pour le président du collectif organisateur "Les morts de la rue" invité de franceinfo, c'est une "façon de leur rendre une dignité". 

Chaque année, plusieurs centaines de personnes meurent dans la rue en France. 
Chaque année, plusieurs centaines de personnes meurent dans la rue en France.  (JACQUES LOIC / PHOTONONSTOP)
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Le collectif "Les morts de la rue" organise mardi 21 mars à Paris, place du Palais-Royal, son rassemblement annuel en hommage aux sans-abri morts dans la rue. Il a dénombré 501 décès de personnes sans-abri en 2016 en France.

Invité de franceinfo, Nicolas Clément, président du collectif, explique que cet hommage est "une façon de rendre une dignité à des gens" souvent "invisibles".

franceinfo : Pourquoi organisez-vous cet hommage ?

Nicolas Clément : C'est une façon de rendre une dignité à des gens qui ne sont pas beaucoup vus pendant leur vie, qui sont même souvent invisibles. Le but est aussi d'essayer d'éviter qu'ils meurent à 49 ans, qui est l'âge moyen des gens qui meurent dans la rue. On perd 30 ans en vivant dans la rue. C'est terrible.

Quelle forme prend cet hommage ?

On essaie de leur rendre hommage par la beauté. On a une petite centaine de grands rectangles de gazon, sur lesquels on a accroché 6 petits rectangles qui sont comme des pierres tombales, avec le nom des personnes. On a mis une petite fleur devant chacun. Il y a de grandes gerbes de roses. Les passants peuvent prendre une rose et aller la poser sur la pierre tombale qui les touche le plus.

Connait-on le parcours de ces personnes décédées dans la rue ?

Tout au long de l'année, on essaie de retracer le parcours des gens, en discutant avec tous les services sociaux qui ont pu s'en occuper : les voisins, l'hôpital, la police. C'est un travail de Sherlock Holmes. On remonte tout ce que l'on peut sur ces personnes, pour faire une analyse statistique. Elle va nous permettre d'évaluer ce qu'est un parcours de rue, comment on y arrive, et d'interpeller les pouvoirs publics pour que les choses changent. Par exemple, ne pas croire qu'on meure l'hiver, puisque seul 1% des gens meurent d'hypothermie. Il y a en fait deux grandes causes de décès : les morts violentes et l'usure.

"Il y deux grandes causes de décès : les morts violentes et l'usure" - Nicolas Clément, président du collectif "Les morts de la rue" à franceinfo.
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