Une journaliste porte plainte pour harcèlement contre un ex-directeur de la rédaction de France 2

La journaliste politique Anne Saurat-Dubois a annoncé mardi avoir porté plainte pour "harcèlement sexuel et moral" contre l'ancien directeur de la rédaction de France 2 Éric Monier, actuellement en poste à LCI. Il a l'intention de porter plainte à son tour pour "dénonciation calomnieuse".

Le siège de France Télévisions, à Paris, le 4 septembre 2017.
Le siège de France Télévisions, à Paris, le 4 septembre 2017. (LUDOVIC MARIN / AFP)
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Journaliste politique à BFM TV, Anne Saurat-Dubois a annoncé qu'elle avait porté plainte mardi 31 octobre, par le biais de son avocat, pour "harcèlement sexuel et moral" contre l'ancien directeur de la rédaction de France 2 Éric Monier, actuellement en poste à LCI. Il a décidé de porter plainte à son tour "pour dénonciation calomnieuse".

Après avoir refusé ses avances, son CDD n'aurait pas été renouvelé

Cinq ans après les faits, Anne Saurat-Dubois écrit mardi sur son compte Twitter : "Ne plus se taire et agir. J'ai porté plainte cette semaine pour harcèlement sexuel et moral contre mon ancien chef de France 2, directeur de la rédaction au moments des faits, Eric Monier". Elle assure au site Buzzfeed, qu'en 2012, après avoir refusé les avances de son chef, son CDD n'a pas été renouvelé. Elle était alors âgée de 25 ans.

"Les faits sont graves, assure Me Philippe de Veulle, qui représente la journaliste. On est dans le cas typique de la personne qui a un pouvoir sur une jeune recrue pour lui demander des services sexuels en échange d'une promotion. À aucun moment, poursuit-il, elle n'était intéressée par son supérieur hiérarchique." 

Éric Monier aurait menacé la journaliste de lui faire vivre "l'enfer" si elle refusait ses avances. S’il a pu recueillir des témoignages, l’avocat d’Anne Saurat-Dubois assure avoir rencontré des difficultés dans ses démarches, tant il existe, selon lui, une "peur de représailles physiques".

Le groupe TF1 réagit 

Dominique Pradalié, secrétaire générale du Syndicat national des journalistes et ancienne déléguée du SNJ France Télévisions s’est dite de son côté très agréablement surprise par la plainte de la journaliste. "Les femmes étaient en situation très précaire et ne voulaient pas parler", explique-t-elle. Elle assure avoir attiré l’attention sur les pratiques d’Éric Monier dans les comités d'entreprise, présidés par le ou la président(e) et les directeurs généraux. "Je n'ai pas parlé de harcèlement sexuel. J'ai parlé de harcèlement moral car personne ne voulait parler du harcèlement sexuel. Mais la direction était très au courant depuis des années", affirme Dominique Pradalié à franceinfo.

Éric Monier est depuis un peu plus d'un an directeur de la rédaction de LCI, qui fait partie du groupe TF1. Le groupe a annoncé dans un communiqué, publié mardi sur son site, avoir "pris connaissance de la plainte" pour des faits qui remonteraient à 2012-2013. "Si le faits reprochés sont avérés, le groupe TF1 tirera toutes les conséquences des suites judiciaires consécutives à cette affaire", précise le texte, en rappelant qu’Éric Monier "bénéficie de la présomption d'innocence"